La lutte contre la fraude sera l'une des priorités de la SNCF pour l'année

TRANSPORTS Le coût de la fraude est estimé à au moins 300 millions d'euros par an pour la SNCF...

20 Minutes avec AFP

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Guillaume Pepy, président de la SNCF, le 7 juillet 2014 à Paris
Guillaume Pepy, président de la SNCF, le 7 juillet 2014 à Paris — Matthieu Alexandre AFP

La fraude, dont le coût pour la SNCF est estimé à 300 millions d'euros annuels, sera l'une des priorités de la compagnie pour l'année 2014-2015, a-t-elle annoncé jeudi. «D'ici un à deux mois, nous allons présenter un plan de lutte, qui sera musclé», a indiqué à la presse le directeur des TER et Intercités à la SNCF, Alain Le Vern.

Le ministre de l'Intérieur «Bernard Cazeneuve nous a réunis tous [SNCF et RATP] pour nous dire "j'ai décidé d'agir". Les travaux sont en cours entre Alain Le Vern et le ministère de l'Intérieur, même chose à la RATP», a précisé le président de la SNCF Guillaume Pepy.

«On peut pas rester dans la situation où on est aujourd'hui»

Le coût de la fraude est estimé à au moins 300 millions d'euros par an pour la SNCF: 100 millions pour les Transilien en Ile-de-France, 100 millions pour les grandes lignes, et 100 millions pour les TER. La RATP estime elle aussi ce coût à 100 millions d'euros.

«On peut pas rester dans la situation où on est aujourd'hui, où, en réalité, de plus en plus de gens qui paient se posent la question de savoir pourquoi payer. Car il leur apparaît que les mailles du filet et l'incivilité sont tellement importantes que, eux qui sont dans la difficulté, pouvoir d'achat, crise, etc., ... se disent "mais au fond est-ce que c'est pas moi qui ai tort?"» a commenté Guillaume Pepy.

«Quelques petits éléments de gêne»

Depuis le 2 septembre, les billets TER et Intercités sont valables 7 jours, et non plus 61 jours, afin de lutter contre la «multi-utilisation du même titre de transport», a souligné Alain Le Vern. «Il y a certaines lignes TER où le système est un système de fuite généralisée (...), on se rend compte qu'il y a seulement une personne sur deux qui a le bon billet et qui a payé», a réagi Guillaume Pepy.

Selon lui, la fraude «devient un problème de société en France, qui est extrêmement lourd, non seulement pour la boîte, mais pour ceux qui paient. On n'en a pas fini avec ce sujet-là, ça commence. Et ce qui est terrifiant, c'est que c'est un problème français».

Il a précisé que le plan de lutte qui doit être annoncé «va comporter quelques petits éléments de gêne, mais c'est à ce prix-là qu'il faut protéger le service public».