Sécurité routière : «Les conducteurs ont modifié leur comportement»

INTERVIEW Jean-Robert Lopez, délégué interministériel à la sécurité routière, commente la baisse historique de la mortalité sur les routes cet été…

Propos recueillis par Delphine Bancaud

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Jean-Robert Lopez, délégué interministériel à la sécurité routière
Jean-Robert Lopez, délégué interministériel à la sécurité routière — PATRICK KOVARIK / AFP

Une bonne surprise. Jamais un été n’a été aussi peu meurtrier sur les routes de France depuis 1948, a annoncé ce jeudi la Sécurité routière. Jean-Robert Lopez, délégué interministériel à la sécurité routière, explique cette baisse des morts sur la route par la politique de communication, de prévention et de répression menée par le gouvernement.

L’été est habituellement une période sombre pour la sécurité routière. Comment expliquez-vous la baisse du nombre d’accidents mortels en juillet et août 2014?

Par trois raisons. Notre campagne de communication «On ne regrette de rouler trop vite que lorsqu’il est trop tard», a été beaucoup regardée et a marqué les esprits. De plus, les forces de l’ordre ont été beaucoup mobilisées cet été, notamment lors des départs en vacances où 15.000 policiers et gendarmes étaient présents sur les routes. Enfin, les conducteurs ont modifié leur comportement. Sans doute ont-ils été marqués aussi par deux accidents meurtriers survenus dans la Meuse et dans l’Aube en juillet.

Que répondez-vous à la Ligue contre la violence routière qui estime que ces bons chiffres sont dus en partie à la «météo pourrie» ayant entraîné une baisse du trafic?

Je ne nie pas le facteur météo, mais cela ne peut pas être la seule explication.

Le plus grand déploiement des radars mobiles a-t-il contribué à ces bons résultats?

Cela a sans doute contribué aux changements de comportement, car les usagers ne peuvent pas prévoir où et quand ils seront contrôlés. Mais je rappelle que notre parc de radars est de 4.200. D’autres pays voisins disposent d’un plus grand nombre d’appareils pour un réseau deux fois moins étendu que le nôtre.

Dans ce contexte, est-il vraiment nécessaire de baisser la vitesse de 90 à 80 km/h sur le réseau secondaire comme le gouvernement envisage de le faire?

Le ministre de l’intérieur a été clair. Il est favorable à une expérimentation de cette mesure, pas à sa généralisation. Nous examinerons les contours de ce test pour percevoir son incidence sur les tronçons particulièrement accidentogènes. Cette expérimentation sera faite sur au moins 12 mois afin que nous puissions avoir suffisamment de recul.

Quelles nouvelles mesures allez-vous mettre en œuvre pour améliorer encore la sécurité sur les routes?

Nous allons expérimenter cet automne un nouveau test salivaire pour détecter la consommation de cannabis par les conducteurs. La réforme du permis va aussi nous permettre d’améliorer la formation des conducteurs.