Affaire Tapie: L'homme d'affaire n'aurait pas été lésé dans la vent d'Adidas

JUSTICE Un rapport de la police, cité par «Le Monde», remet en cause l’existence même de la procédure d’arbitrage…

B. de V.

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La directrice du FMI Christine Lagarde en juin 2011 et l'homme d'affaires Bernard Tapie en février 2008
La directrice du FMI Christine Lagarde en juin 2011 et l'homme d'affaires Bernard Tapie en février 2008 — Gobert-Demartho AFP

L’affaire Tapie est loin d’être finie. L’homme d’affaires n’aurait pas été floué dans la vente d’Adidas en 1993, selon un rapport des enquêteurs en charge du dossier que s’est procuré Le Monde.

Les enquêteurs mettent en cause le bien-fondé de la procédure d’arbitrage à l’issue de laquelle Bernard Tapie avait obtenu, en juillet 2008, 405 millions d’euros de dédommagement.

«Bernard Tapie avait été pleinement associé aux opérations»

Selon les policiers de la brigade financière qui enquêtent sur les conditions de la vente d’Adidas depuis deux ans, l’homme d’affaires n’aurait pas été floué en 1993 par le Crédit Lyonnais au cours de cette transaction.

«Les investigations conduites sur ces événements passés de plus de vingt ans et dont plusieurs acteurs sont décédés ont néanmoins permis de déterminer que Bernard Tapie avait été pleinement associé aux opérations» liées à la revente d’Adidas, explique la brigade financière. L’ancien patron de l’Olympique de Marseille avait pourtant toujours affirmé que la revente d’Adidas s’était opérée à son insu.

Les magistrats Serge Tournaire, Guillaume Daïeff et Claire Thépau, auxquels le rapport a été remis, enquêtent sur ce qu’ils qualifient de «simulacre» d’arbitrage. Selon eux, le jugement arbitral a bien été le fait d’une «escroquerie en bande organisée» pour laquelle Bernard Tapie a été mis en examen, du fait, notamment, des relations très étroites entretenues par Me Maurice Lantourne, le conseil de Tapie, avec le principal juge arbitre rédacteur de la sentence, Pierre Estoup.