Ariège: Une pharmacienne condamnée pour une fraude de 600.000 euros

JUSTICE Entre octobre 2012 et mai 2013, cette pharmacienne d’u village de montagne avait falsifié des ordonnances et prescriptions, à un moment où son officine était en difficulté économique…

20 Minutes avec AFP

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L'enseigne d'une pharmacie
L'enseigne d'une pharmacie — Loic Venance AFP

Une pharmacienne ariégeoise a été condamnée mardi à deux ans de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Foix pour une fraude à la sécurité sociale de plus de 600.000 euros.

Le tribunal a aussi condamné Isabelle de Naurois à une interdiction d’exercer la profession de pharmacien titulaire pendant trois ans, et ordonné la confiscation de 314.500 euros retrouvés sur les comptes, un jugement moins sévère que les réquisitions du procureur.

Olivier Caracotch avait demandé aussi 150.000 euros d’amende, une privation de cinq ans des droits civils et civiques, et l’interdiction d’exercer la profession de pharmacien titulaire pendant cinq ans.

Falsification d’ordonnances et de prescriptions

Entre octobre 2012 et mai 2013, la pharmacienne du village de montagne de Saurat avait falsifié des ordonnances et prescriptions, à un moment où son officine était en difficulté économique.

«Il ne s’agit pas seulement là que d’un acte désespéré pour sauver une officine en difficulté. Oui, il faut tenir compte de cette forme de suicide professionnel, (…) mais Mme de Naurois a bénéficié, à titre personnel, d’une part non négligeable de ces fonds» a souligné le procureur.

Son avocat a au contraire fait valoir la fragilité psychologique de sa cliente et a souligné que sa cliente s’était «surinvestie dans son travail, dans son officine sept jours sur sept».

Elle explique avoir lutté pour sauver son commerce

A l’audience, Isabelle de Naurois a expliqué avoir lutté depuis la reprise de la pharmacie en 2001 pour sauvegarder sa présence dans ce village de montagne près de Tarascon-sur-Ariège.

Saurat n’avait plus de médecin depuis la fin 2011 et elle risquait de voir les patients du village se fournir dans les officines tarasconnaises directement en sortant du cabinet médical de la ville.

«L’enquête a établi que Mme de Naurois utilisait des prescriptions déjà utilisées pour un patient avec un autre nom, ou faisait du montage d’ordonnances», a résumé la présidente du tribunal.

Des assurés se sont interrogés sur des remboursements insolites et la CPAM de l’Ariège, étonnée d’une forte hausse des remboursements dans l’officine sauratoise, a lancé l’enquête. Au bout du compte 20 organismes sociaux ont signalé des préjudices, «pour environ 616.400 euros» selon le procureur de la République.