VIDEO. Révélations sur Mehdi Nemmouche: Que dit de lui son ancien otage en Syrie, Nicolas Hénin?

TERRORISME Le journaliste affirme avoir été maltraité par le tueur présumé du musée juif de Bruxelles...

William Molinié

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Dessin d'audience représentant Mehdi Nemmouche, soupçonné d'avoir tué quatre personnes fin mai au Musée juif de Bruxelles, au tribunal de Versailles, le 26 juin 2014
Dessin d'audience représentant Mehdi Nemmouche, soupçonné d'avoir tué quatre personnes fin mai au Musée juif de Bruxelles, au tribunal de Versailles, le 26 juin 2014 — Benoît Peyrucq AFP

Rebondissement dans l’affaire Mehdi Nemmouche, l’auteur présumé d’un quadruple meurtre au musée Juif de Bruxelles le 24 mai dernier. Le journaliste Nicolas Hénin a révélé samedi que le djihadiste aurait été un de ses geôliers pendant sa détention en Syrie.

Quel est le récit de Nicolas Hénin?

Le journaliste du Point a publié sur le site internet de son employeur un récit dans lequel il assure avoir été «maltraité» par celui qu’il connaissait sous le nom de «Abou Omar le cogneur», quand il était otage en Syrie avec ses confrères Didier François, Pierre Torrès et Edouard Elias, libérés avec lui en avril. «Quand il ne chantait pas, il torturait», écrit l’ancien otage.

Il raconte que ses collègues et lui ont été «en contact de juillet à décembre 2013» avec Nemmouche. Il le décrit comme un jeune homme «au très grand ego», «égocentrique» et «affabulateur, pour qui le djihad n’est finalement qu’un prétexte pour assouvir sa soif maladive de notoriété. Un jeune homme paumé et pervers». Nemmouche aurait torturé d’autres prisonniers syriens.

Pourquoi ces révélations ne sortent que maintenant?

Nicolas Hénin a assuré avoir écrit ce récit à la suite des fuites qui sont sorties dans Le Monde. L’ex-otage aurait reconnu son ancien geôlier après les photographies diffusées dans la presse pour retrouver l’auteur du quadruple meurtre de Bruxelles. L’information devait rester secrète mais le journaliste a expliqué être sorti de sa réserve «pour informer le public» après les révélations du Monde.

Cette révélation est «irresponsable», a réagi Didier François, compagnon d’infortune de Nicolas Hénin. «Ça pose un véritable problème pour l’enquête en cours, pour les témoins et pour les otages restés là-bas», a-t-il expliqué à Libération.

Y avait-il d’autres Français avec Nemmouche?

A priori, oui. Peu après la libération des quatre journalistes, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait indiqué que certains geôliers s’exprimaient en français. Ce qui supposerait que Nemmouche était en contact avec d’autres Français sur le terrain. Les dernières notes de renseignement font état de 950 Français en transit, sur zone, revenus, ou ayant l’intention de se rendre en Syrie ou en Irak au contact de l’Etat islamique.

A quoi doit s’attendre Nemmouche?

Ce dernier, qui garde le silence sur les faits qui lui sont reprochés, doit comparaître le 12 septembre prochain devant la chambre du conseil de Bruxelles. Le juge doit décider de prolonger ou non sa détention préventive.

>> A lire sur 20 Minutes: Mehdi Nemmouche se mue en martyr judiciaire…

En France, le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire en 2013 à la suite de l’enlèvement des journalistes. Il n’est pas exclu désormais qu’il soit entendu aussi par la justice française sur son rôle de geôlier lors de son passage en Syrie.