La France sera plus chaude et plus pluvieuse ces prochaines années

CLIMAT Les étés pourraient afficher 5°C supplémentaires d'ici à la fin du siècle, selon un rapport publié par le ministère de l'Ecologie...

A.D. avec AFP

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Les rochers de la pointe de Trévignon, à côté de Trégunc (Finistère).
Les rochers de la pointe de Trévignon, à côté de Trégunc (Finistère). — GILE MICHEL/SIPA

La France sera plus chaude et plus pluvieuse dans les années à venir, avec des étés affichant 5°C supplémentaires d'ici à la fin du siècle, et connaîtra plus d'épisodes climatiques extrêmes, prédit un rapport publié samedi par le ministère de l'Ecologie.

>> Retrouvez le rapport dans son intégralité ici

Ce rapport sur les scénarios climatiques pour la France au XXIe siècle, demandé par le gouvernement à une large équipe d'experts, prévoit dès 2050 une hausse des températures moyennes en métropole de 0,6°C à 1,3°C par rapport aux années 1976-2005. L'été, cette hausse pourrait aller jusqu'à 2°C dans le sud-est.

Des hivers moins froids

Durant les années 2071-2100, cette tendance s'aggravera avec une hausse moyenne des températures de 2,6 °C à 5,3°C. « Cette hausse devrait être particulièrement marquée en allant vers le sud-est, et pourrait largement dépasser les 5 °C en été », selon les experts.

D'ici 2100, ils prévoient aussi des vagues de chaleur plus longues en été, pouvant dépasser 20 jours dans le sud-est et davantage d'épisodes de sécheresse dans le Midi, pouvant parfois toucher tout le pays.

Autre conséquence, une diminution du nombre de jours extrêmement froids en hiver, surtout dans le nord-est qui verrait 6 à 10 jours de grand froid en moins.

Hausse des précipitations

Côté pluies, la France devrait connaître une légère hausse des précipitations moyennes, en été comme en hiver, comprise entre 0 et 0,42 mm/jour en moyenne, moins cependant que dans les autres pays européens.

Le rapport prédit enfin «un renforcement des précipitations extrêmes» sur une large partie du territoire métropolitain, avec une forte variabilité des zones concernées.

Outre-mer, les températures pourraient augmenter de 3,5°C, alors que les précipitations devraient diminuer. La fréquence des cyclones tropicaux pourrait, elle, diminuer à la fin du siècle mais leur force (vent, pluies) augmenter.

Elaboré sous la direction du climatologue Jean Jouzel, ce rapport s'appuie sur les scénarios du GIEC (Groupe intergouvernemental sur le climat). Il devait être rendu public samedi par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, qui défend dans quelques jours au Parlement le projet de loi sur la transition énergétique pour la croissance verte.

Le ministère a publié ces projections, avec cartes et données, sur le site DRIAS consacrés aux «futurs du climat». Sa publication s'inscrit dans le Plan national d'adaptation au changement climatique du gouvernement.