Valérie Trierweiler: Les éditorialistes consternés par son livre

REVUE DE PRESSE La presse réagit vivement à la publication de l’ouvrage de l’ancienne compagne de François Hollande, «Merci pour ce moment»…

A.-L.B. avec AFP

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Valérie Trierweiler, compagne de François Hollande, a décidé de porter plainte pour "diffamation et atteinte à la vie privée" contre les auteurs d'une biographie "La frondeuse", a annoncé mercredi son avocate, précisant que son dépôt était "en cours". Lancer le diaporama
Valérie Trierweiler, compagne de François Hollande, a décidé de porter plainte pour "diffamation et atteinte à la vie privée" contre les auteurs d'une biographie "La frondeuse", a annoncé mercredi son avocate, précisant que son dépôt était "en cours". —

La publication surprise d’un ouvrage écrit par Valérie Trierweiler, l’ancienne compagne de François Hollande, a fait vivement réagir la presse ce jeudi matin. Pour Le Figaro, Yves Thréard écrit qu’«aujourd'hui, la femme trompée, humiliée, congédiée raconte. Cynisme et indifférence, boniment et condescendance : le président normal est mis à nu. Le spectacle est affligeant, l'obscénité à son comble.»

Aux Echos, Cécile Cornudet évoque un livre qui «repousse jusqu'au malaise les frontières du mélange des genres entre vie publique et vie privée...Valérie Trierweiler choisit son moment et son sujet pour décocher l'attaque la plus perfide qui soit à l'encontre de l'ancien ‘homme de sa vie’ (…) On appelle ça un coup de grâce».

Dans Le Républicain lorrain, Philippe Waucampt évoque: «Le ‘président normal’ était un mythe, une construction médiatique opposée à Nicolas Sarkozy, le président bling-bling, l'enfant roi habitué à casser tous ses jouets. (…) Pourtant, ce faux normal est une fois de plus rattrapé par la banalité de sa vie privée. S'il fallait la preuve que la fonction présidentielle est désacralisée, c'est bien Valérie Trierweiler qui, de nouveau, l'administre. (…) C'est moins l'image d'un président désemparé face aux complications de sa vie privée qui s'impose à la lecture de ce livre que celle d'un cynique dépourvu de fibre pour ceux-là même ayant voté pour lui...»

«Une femme qui se venge plutôt bassement»

Dans La République des Pyrénées, Jean-Marcel Bouguereau écrit : «Parce qu'on déteste la vulgarité et la bassesse, on ne devrait pas parler du livre de Valérie Trierweiler. Néanmoins, on va le faire. Parce qu'il dit l'époque. (...) Ce n'est pas l'histoire d'une reine mais d'une favorite trompée puis répudiée par un communiqué glacial à l'AFP. Une femme qui se venge plutôt bassement et dont le livre qui n'est pas exempt de préoccupations mercantiles, puisqu'on évoque un jackpot financier de 642.000 d'euros pour la journaliste de Paris-Match, si les 200.000 exemplaires de son livre se vendent. L'image que son +ex+ donne de François Hollande est terrible au point qu'on se demande comment elle a pu rester une décennie avec un personnage qui apparaît sous sa plume comme menteur, arrogant, infidèle, veule, lâche et surtout cynique...(…) Si l'affaire a des allures de comédie de boulevard, comme les tragédies, elle pourrait se clore par la mort (politique) de son principal personnage.»

Pour La Nouvelle République du Centre Ouest, Bruno Bécard juge: «Chacun d'entre nous peut légitiment prétendre au droit au bonheur, fût-il conjugal. Mais la présidence impose dans ce registre un devoir de réserve. Merci de nous épargner ce moment de déballage intime.»

Pour le Groupe Centre-France, Jacques Camus écrit: «Cela s'appelle ‘Merci pour ce moment’...Pour tout dire, ce sont plutôt des moments sans merci qui attendent François Hollande après cet étalage impudique et consternant des divagations d'un couple qui n'en était pas vraiment un»

«L'aura de la fonction abîmée»

Pour Sud-ouest, Bruno Dive s’interroge: «Mais qui aurait pu croire que l'on tomberait si bas ? (…) Mais [Valérie Treiweiller] avait-elle besoin de porter à son tour sa vengeance sur la place publique ? Ne pouvait-elle au moins attendre que son ex-compagnon ait quitté l'Elysée pour lâcher sa bombe ?... Le plus grave est que l'ouvrage de Valérie Trierweiler porte atteinte à une fonction présidentielle déjà passablement dégradée. Elle croyait ne pointer que les faiblesses d'un homme. C'est l'image et l'aura de la fonction suprême qu'elle abîme.»

Dans L'Est Républicain, Philippe Marcacci estime que sur «607 romans prévus pour la rentrée littéraire et une certitude. Pas la peine de fouiller dans les piles d'Amélie Nothomb ou autre Marc Levy dans l'espoir d'y dénicher le best-seller de l'automne. Depuis 48 heures, tout le monde le sait: il s'agira d'un livre écrit à la va-vite (…)»