Pourquoi les Français font moins d'enfants?

NATALITÉ L’Insee relève une légère baisse de la natalité en France en 2013, selon une étude publiée ce mercredi…

Anissa Boumediene

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Les Françaises attendent d'être bien installées avant d'envisager la maternité.
Les Françaises attendent d'être bien installées avant d'envisager la maternité. — S.POUZET/SIPA

Les Français restent les champions d’Europe de la natalité. Malgré une baisse des naissances de 1,2 % en 2013, plus de 800.000 bébés ont vu le jour l’année dernière, faisant des Françaises les mamans européennes les plus fécondes. Une spécificité française qui s’explique par une politique familiale qui protège la natalité des impacts de la conjoncture économique morose.

Avec un taux de fécondité de 1,99 enfant par femme, la France passe sous la barre symbolique des deux enfants en moyenne par Française, et sous le seuil de renouvellement des générations, le nombre moyen d’enfants par femme nécessaire pour que chaque génération en engendre une nouvelle de même taille. Mais il n’y a «pas de quoi mettre en danger la prochaine génération, estime Isabelle Robert-Bobée, de la division enquêtes et études démographiques de l’Insee, il faudrait une baisse sur le long terme pour craindre des effets notables.»

D’abord la carrière, ensuite le bébé

L’une des constantes relevées par l’Insee porte sur le report progressif de l’âge au premier enfant, constaté depuis les années 70. Les Françaises sont maman de plus en plus tard, en moyenne à 30,3 ans. Même constat du côté des papas, majoritairement trentenaires.

Si à l’époque, l’évolution de l’âge moyen des futures mères s’expliquait pour partie par la légalisation de la pilule en 1967 et de l’avortement en 1975, cette tendance s’explique aujourd’hui par «un changement dans les aspirations, analyse Isabelle Robert-Bobée. Désormais les femmes souhaitent à la fois travailler et être maman. Mais elles attendent d’être installées dans leur carrière avant d’envisager la maternité». Un état d’esprit confirmé par une récente note de l’Insee, qui explique que «le désir de stabilité matérielle et affective, d’ajuster la fécondité au projet professionnel et de profiter de la vie en couple avant d’avoir des enfants a repoussé l’âge de la procréation».

Plus de grossesses multiples

Un report qui a des conséquences inattendues: le boom des grossesses multiples. Si, en dix ans, ce type de grossesse a peu progressé (1,7 % en 2013 contre 1,5 % en 2003), il a bondi chez les femmes enceintes de plus de 45 ans, qui étaient plus de 5,7 % à avoir mené une grossesse multiple en 2013, soit deux fois plus qu’au début des années 2000. Une progression qui s’explique par «le recours de ces femmes aux techniques de procréation médicalement assistée», déclare Isabelle Robert-Bobée. Des techniques qui, pour maximiser les chances de concevoir un enfant, consistent à implanter plusieurs embryons et entraînent fréquemment des grossesses gémellaires.