Rentrée: Les huit atouts de l’école française

EDUCATION Trois experts de l'éducation évoquent les vraies réussites de l'école française selon eux...  

Delphine Bancaud

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Des élèves dans une école primaire à Lyon
Des élèves dans une école primaire à Lyon — Jeff Pachoud AFP

Souvent décrié, le système éducatif français bénéficie pourtant de vrais atouts. Pour prendre le contre-pied des critiques, 20 minutes a demandé à trois experts de l’éducation d’évoquer les mérites de l’école française pour eux

>> TÉMOIGNEZ - On critique souvent le sysyème éducatif français. Pour vous, l'école a été une révélation? Vous avez croisé un professeur qui a changé votre vie? Vous êtes la preuve vivant que l'ascenceur social par l'école fonctionne encore? Racontez-nous en témoignant dans les commentaires ou en nous écrivant à contribution@20minutes.fr.

1 La laïcité permet à chacun de trouver sa place

«En France, l’école publique ne doit pas être un lieu d’exercice des confessions. Cette conception de la laïcité permet à tous les élèves de toutes les origines de s’identifier à l’école», se félicite Claude Lelièvre, historien de l’éducation.

2 Les Français aiment leur école

Ils la critiquent, mais au fond, ils en attendent beaucoup. «L’éducation est une valeur incontestée par les Français et l’école est considérée comme un enjeu essentiel. Ils croient encore à la fonction émancipatrice du savoir. Cela joue forcément sur les moyens que les gouvernements successifs consacrent à l’éducation», estime François Dubet, sociologue de l’Education.

3 Les profs ont un bon niveau académique

Depuis la réforme de la formation des enseignants initiée par Vincent Peillon, un master est désormais requis pour enseigner. «Les enseignants ont un niveau académique élevé», reconnaît Eric Charbonnier, expert éducation à l’OCDE. «D’ailleurs les professeurs des écoles maternelles figurent parmi les plus diplômés des pays développés. Et la réforme de la formation mélange désormais savoirs et savoirs faire», souligne-t-il, qui estime cependant que la pédagogie n’est pas suffisamment développée dans la formation des enseignants.

4 Notre école maternelle fait des envieux

En France, tous les enfants sont scolarisés de manière précoce et encadrés par de vrais professionnels. «C’est essentiel. La preuve, en Allemagne, la maternelle (Kindergarten), n’est pas obligatoire, donc payante. De plus les enfants n’y sont accueillis que quelques heures dans la journée. Du coup, cela joue sur l’emploi des femmes et la natalité», analyse François Dubet. «La scolarisation précoce est aussi un moyen efficace de lutter contre les inégalités sociales, en aidant les enfants des milieux modestes à acquérir les bases de la langue française», souligne côté Eric Charbonnier.

5 Elle tient presque le bon rythme dans le primaire

«Nous sommes parmi les pays de l’OCDE l’un de ceux où les vacances d’été sont les plus courtes et les petites vacances les plus longues et les plus nombreuses. Ce que voient d’un très bon œil les chronobiologistes», souligne Claude Lelièvre. Et même si la réforme des rythmes scolaires fait couler beaucoup d’encre, elle permet de mieux répartir les 24 heures de classe hebdomadaires pour profiter des pics de vigilance des écoliers.

6 Elle met à l’honneur des matières qui poussent à la réflexion

«L’histoire et la philosophie apparaissent comme des matières importantes au lycée. Alors qu’elles servent très peu à l’orientation professionnelle. C’est essentiel de faire la part belle à des matières réflexives pour aider les élèves à devenir des citoyens critiques», estime Claude Lelièvre.

7 Une école qui fait encore la part belle à la méritocratie

Même si l’étude Pisa de l’OCDE a montré une corrélation entre le milieu socio-économique et les résultats scolaires des élèves en France, «la sélection par l’argent est beaucoup plus faible dans notre système scolaire, qu’ailleurs», estime François Dubet. «Après le bac, les étudiants sont sélectionnés d’abord sur leur valeur scolaire pour intégrer un établissement d’enseignement supérieur. Un très bon élève ne verra pas son cursus bloqué par la faiblesse des revenus de ses parents, notamment car beaucoup de grandes écoles sont publiques et le système de bourse est important. Contrairement à d’autres pays, comme les Etats-Unis où le prix de certains cursus est hors d’atteinte par les jeunes des milieux modestes», poursuit-il.

8 L’enseignement privé et le public ne sont pas si éloignés que ça

Tous les enseignants reçoivent la même formation initiale, qu’ils exercent ensuite dans le privé ou dans le public. «Ce qui explique qu’il n’y ait pas tant de différence dans leurs pédagogies. Et comme une bonne part de l’enseignement privé est sous contrat avec l’Etat, aucun établissement ne fait totalement ce qu’il veut. C’est important, car dans certains pays comme l’Amérique latine ou l’Angleterre, la qualité de l’enseignement offerte dans le privé est sans commune avec celle du public», estime François Dubet.