Filette tuée en Alsace: Tout comprendre au fait divers de Moernach

DECRYPTAGE L’aîné de la famille a été placé en garde à vue, ce mercredi, après la découverte du corps de sa sœur…

Vincent Vantighem

— 

Moernach, le 2 septembre 2014. Un technicien scientifique de la gendarmerie sort de la maison où ont été découverts les corps d'une fillette de onze ans et celui de son frère de 8 ans, dans un état critique.
Moernach, le 2 septembre 2014. Un technicien scientifique de la gendarmerie sort de la maison où ont été découverts les corps d'une fillette de onze ans et celui de son frère de 8 ans, dans un état critique. — SEBASTIEN BOZON / AFP

Une fillette de onze ans tuée. Un garçon de huit ans dans un état critique. Leur frère aîné qui tient des «propos peu structurés». C’est une scène de crime «très impressionnante et complexe» qu’ont découverte, mardi soir, les forces de l’ordre dans une maison du petit village de Moernach (Haut-Rhin).

>> Les faits: Le frère aîné placé en garde à vue

Alors que le frère aîné de quinze ans, qui a donné l’alerte, a été placé en garde à vue, ce mercredi matin, 20 Minutes tente de décrypter les premiers éléments de l’affaire…

Qui a donné l’alerte?

Il était 19h30 environ quand une habitante de Moernach, un village de 600 habitants situé à une quarantaine de kilomètres au sud de Mulhouse, a vu le fils d’un de ses voisins sortir de chez lui en courant et en hurlant. Torse nu, il portait de multiples traces de sang sur lui. Il partait se réfugier chez un voisin, également parrain de l’un des enfants de la famille. C’est ce dernier qui a prévenu les secours.

Au micro de la radio RTL, cette voisine assure que le jeune garçon s'est d'abord réfugié chez elle avant de rejoindre le domicile du parrain. Elle a eu l'impression que l'adolescent se sentait poursuivi. «Il m'a dit: ''Véronique, quelqu'un a tué mon frère et ma sœur... Aide-moi! Ne me laisse pas seul.»

Qu’ont découvert les forces de l’ordre à leur arrivée?

Une scène de crime «très impressionnante», selon les propos de Dominique Alzeari, procureur de la République de Mulhouse. Dans le salon de ce pavillon cossu, les enquêteurs ont retrouvé le corps sans vie d’une fillette de onze ans, baignant dans une mare de sang après avoir reçu de multiples coups portés à l’arme blanche. Son corps doit d’ailleurs être autopsié dès ce mercredi.

Le frère cadet, âgé de huit ans, gisait, quant à lui, dans un état grave et présentait également de multiples lésions. Héliporté vers l’hôpital de Strasbourg, il est dans «un état critique»

Qu’a expliqué le frère aîné aux enquêteurs?

L’adolescent aurait affirmé avoir été attaqué par un «rôdeur», vêtu de noir, selon le procureur de la République qui a souligné que ses propos «n’étaient pas structurés». De fait, il n’y a pas «d’hypothèse immédiate ou évidente» selon les enquêteurs.

Drame dans une famille à Moernach - Le 03/09/2014 à 09h20


Selon les premières constatations, le domicile n’aurait pas subi d’effraction. D’après les voisins, les gendarmes n’ont procédé à aucune battue ou éventuelle opération d’interception dans les heures qui ont suivi la découverte des faits.

Où étaient les parents au moment des faits?

Les parents des trois enfants s’étaient absentés du domicile pour participer à une activité sportive, vraisemblablement un cours de yoga. Ils avaient laissé la garde des plus jeunes enfants à leur frère aîné. Prévenus par le voisin chez qui l’aîné était venu se réfugier, ils sont arrivés sur place alors que les secours étaient déjà là.

Selon le maire de Moernach cité par le journal L’Alsace, la famille s’était installée dans le village, «où tout le monde se connaît», depuis huit ans. Elle était «sympathique» et s’était «bien intégrée».

Les gendarmes ont-ils commencé les investigations?

Oui. Outre l’adolescent de quinze ans, les gendarmes ont entendu dans la nuit le père de famille. Sa femme, en état de choc, a, de son côté, été hospitalisée. Les gendarmes devaient également entendre plusieurs autres témoins de l’affaire, dont le parrain de l’un des enfants chez qui l’aîné s’est réfugié.

Une trentaine de gendarmes et des techniciens de l’investigation criminelle accompagnés d’une unité de la section de recherche de Strasbourg se sont affairés durant la nuit pour effectuer les premiers prélèvements d’usage dans la maison. Mercredi matin, un dispositif de sécurité bloquait toujours l’accès à la maison.