Mort de Clément Méric: Le principal suspect libéré sous contrôle judiciaire

JUSTICE Il n'a pas le droit de quitter son département de résidence...

20 Minutes avec AFP

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Commémoration de la mort de Clément Méric, à Paris le 7 juin 2014
Commémoration de la mort de Clément Méric, à Paris le 7 juin 2014 — Jacques Demarthon AFP

Esteban Morillo, principal suspect dans l'affaire de la rixe entre skinheads et antifascistes qui avait causé la mort de Clément Méric en juin 2013 à Paris, a été remis en liberté mardi par la cour d'appel de Paris, a indiqué  une source judiciaire.

Sympathisant du groupuscule d'extrême droite Troisième voie, dissous par le gouvernement après la mort de Clément Méric, Esteban Morillo avait reconnu dès le début avoir porté deux coups de poing, à mains nues, au visage de l'étudiant de Sciences-Po de 18 ans, décédé peu après.

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Esteban Morillo avait été mis en examen pour «violences volontaires en réunion et avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner» et placé en détention provisoire. Il est soupçonné d'avoir utilisé un poing américain durant la rixe, ce qu'il réfute.

Depuis un an, ses avocats avaient plusieurs fois demandé, en vain, sa remise en liberté.

Obligation de pointage

Après un nouveau refus des juges d'instruction de libérer leur client, les avocats ont déposé un nouveau recours le 18 août devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris, qui a examiné mardi matin cette requête.

La cour d'appel a infirmé la décision des juges d'instruction et ordonné sa libération. Il sera toutefois soumis à un contrôle judiciaire strict. Outre une obligation régulière de pointage, Esteban Morillo a notamment interdiction de quitter son département de résidence, a-t-on indiqué de source judiciaire.

Vives réactions politiques

Cette libération intervient deux mois et demi après celle d'un autre suspect dans cette affaire, Samuel Dufour, qui était également un sympathisant de Troisième voie. Samuel Dufour a toujours nié avoir frappé Clément Méric. L'un des camarades de la victime, présent lors de la bagarre, a même confirmé cette version aux juges d'instruction.

Outre Morillo et Dufour, deux autres skinheads sont mis en examen pour violences mais n'ont pas été placés en détention. Les antifascistes sont parties civiles. La mort de Clément Méric avait suscité de vives réactions politiques.