Georges Fenech demande à Hollande la grâce de Jérôme Kerviel

JUSTICE Le député UMP dit ne pas pouvoir «rester sans réagir»...

William Molinié

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Jérôme Kerviel, le samedi 17 mai, à la frontière Française du côté de l'Italie.
Jérôme Kerviel, le samedi 17 mai, à la frontière Française du côté de l'Italie. — Claude Paris/AP/SIPA

C’est le nouveau soutien sorti du chapeau de Jérôme Kerviel, alors que la cour d’appel de Paris doit se prononcer jeudi sur sa demande de libération sous bracelet électronique. Après Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon, l’ancien trader s’offre l’appui du député UMP, Georges Fenech. Ce dernier a écrit mardi au président Hollande pour lui demander de gracier Jérôme Kerviel, condamné pour avoir causé une perte de 4,9 milliards d’euros à la Société Générale.

«Je ne puis rester sans réagir face à l’implacable condamnation de Jérôme Kerviel, intervenue à la suite d’un procès à plusieurs égards inéquitable et sur lequel un jour, la Cour européenne des droits de l’Homme aura à statuer», écrit le parlementaire dans son courrier, relayé sur son blog.

«Chacun sent bien que cette lourde décision qui sanctionne un simple employé face à une grande banque ne peut correspondre à une réalité infiniment plus complexe du fonctionnement d’un tel établissement», fait valoir l’ancien juge d’instruction.

Rendre sa liberté

Pour le député qui participa notamment à la commission d’enquête sur l’affaire d’Outreau, «la justice n’a pas permis de faire toute la lumière sur de nombreuses questions restées sans réponse».

«J’éprouve […] un malaise face à une décision manifestement disproportionnée, quand bien même l’intéressé ne nie pas sa propre part de responsabilité comme maillon de la chaîne», confie l’élu en appelant le chef de l’État à faire «œuvre d’humanité et de justice» en lui «rendant la liberté».

50 milliards d’euros joués seul

Jérôme Kerviel a été définitivement condamné en mars à cinq ans de prison dont trois ferme et purge sa peine depuis la mi-mai à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne).

L’ex-trader avait créé la stupéfaction en 2008 dans le monde de la finance en jouant seul quelque 50 milliards d’euros sur les marchés au nom de sa banque en camouflant ses positions.