Fraude: Pourquoi la SNCF réduit la validité des billets TER et Intercités

TRANSPORT Si les associations d’usagers dénoncent cette mesure, la SNCF répond qu’elle veut limiter la fraude…

M.B.

— 

TER à la gare de Rennes.
TER à la gare de Rennes. — PATTIER MATHIEU/SIPA

Du changement pour plus d’un million de voyageurs quotidiens. Depuis mardi matin, la durée de validité des billets sans réservation des trains TER et Intercités passe de 61 jours à sept jours.

Alors que la fraude coûte chaque année près de 300 millions d’euros à la SNCF, pour l’entreprise publique cette mesure vise à réduire les «opportunités de fraude liées à la multi-utilisation des billets». «Comme votre titre de transport est valable deux mois, si vous ne le compostez pas, vous pouvez utiliser votre billet à plusieurs reprises», précise, au micro de France Inter, Alain Le Vern, directeur général régions et Intercités.

Une mesure pénalisante?

Une mesure que déplorent les associations d’usagers comme la Fnaut pour qu’il s’agit d’une contrainte de plus pour les voyageurs susceptibles de pénaliser les non fraudeurs en obligeant les usagers de planifier davantage leurs placements. «Par exemple, un élève en internat qui fait un trajet régulier entre son domicile et son école, avant il pouvait disposer d’une liasse de billets achetés à l’avance par ses parents. Désormais, il va devoir repasser commande toutes les semaines», déplore son porte-parole Fabrice Michel.

Du côté de la SNCF, on assure que «pour la grande majorité des voyageurs, cette évolution sera sans impact. En effet, 80 % des clients concernés achètent leur billet moins d’une semaine avant leur voyage, dont 55 % le jour même». De plus, les clients «qui préfèrent anticiper leur achat peuvent toujours acheter leur billet au moins deux mois à l’avance, en indiquant la date de début de validité souhaitée», poursuit la SNCF.

Vers des sanctions plus fortes

Mais pour Fabrice Michel, pour limiter la fraude, la solution passerait plutôt par des sanctions plus fortes à l’égard des fraudeurs. Dans la mesure où le fait de ne pas composter son billet est passible de 25 euros d’amende, il suffirait de la durcir pour les dissuader.

Une suggestion que la SNCF pourrait bien reprendre à son compte. Selon Le Parisien, elle réfléchit à augmenter les sanctions et notamment celle qui s’applique pour un voyageur sans billet. Alors qu’aujourd’hui, sur un trajet inférieur à 100 km, un fraudeur risque entre 25 et 35 euros de pénalités en plus du prix du billet, Alain Le Vern souhaite des amendes à plus de 100 euros. La SNCF devra dévoiler son arsenal anti-fraude d’ici un mois.

>> Et vous que pensez-vous de la décision de limiter la durée de validité des billets TER et Intercités à sept jours? Quelles seraient selon vous les mesures les plus efficaces pour lutter contre la fraude? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous….