Bébé mort en Creuse: La mise en scène délirante des parents pour faire croire à un enlèvement

FAITS DIVERS Ils ont continué de préparer des biberons et promené un poupon en plastique dans le landau...

20 Minutes avec AFP

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Des gendarmes autour de la base de loisirs de Chénérailles (Creuse) à la recherche d'un bébé disparu, le 29 août 2014
Des gendarmes autour de la base de loisirs de Chénérailles (Creuse) à la recherche d'un bébé disparu, le 29 août 2014 — Thierry Zoccolan AFP

Le bébé de quatre mois, retrouvé enterré près d’un étang dans la Creuse, est décédé de «multiples coups» portés par son père, tandis que «la responsabilité de la mère doit être encore précisée», a indiqué lundi le vice-procureur de la République à Limoges (Haute-Vienne).

Bruno Robinet a par ailleurs révélé que le père et la mère «ont élaboré de manière concertée un véritable scénario, voire une mise en scène» après le décès de l’enfant, qui selon l’autopsie pratiquée lundi remonterait entre le 20 et le 21 août, soit six à sept jours avant la dénonciation d’un prétendu enlèvement de l’enfant le 27.

Les parents ont promené un poupon en plastique dans leur landau et ont continué à préparer des biberons qui ont été découverts à leur domicile. Le but de ce scénario était «d’égarer les enquêteurs en les conduisant sur la piste fantaisiste» de l’enlèvement «qui n’a pas résisté très longtemps aux investigations».

Le père battait sa femme

«Attendu dans les prochains jours», le rapport d’autopsie du médecin-légiste de l’Institut médico-légal de Limoges, «permettra de préciser la nature et l’importance des violences qui ont été subies par cet enfant», a-t-il ajouté.

«Les premiers éléments d’enquête sont accablants pour les parents. Loan est mort des suites de violences qui lui ont été infligées. Il est acquis que des coups multiples ont été portés et d’une violence suffisante pour entraîner la mort du bébé», a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse.

Selon le magistrat, «l’auteur des coups serait le père, déjà condamné à plusieurs reprises et qui présente des antécédents de violences sur sa compagne».

La part de responsabilité de la mère «doit être précisée dans la mesure où rien n’indique en l’état qu’elle ait elle-même commis des violences. Ce qui est sûr, c’est qu’elle n’a pas été en mesure de protéger l’enfant des coups», a précisé le vice-procureur, ajoutant qu’une information judiciaire pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner avait été ouverte par le Parquet de Limoges qui a requis le placement en détention du couple.

Ils sont passés aux aveux

Ces derniers étaient toujours présentés séparément devant le juge d’instruction en charge du dossier, qui devrait procéder à leur mise en examen en fin de journée. Ils encourent jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.

Âgés respectivement de 31 et 24 ans, le père et la mère, une famille en difficulté suivie par les services sociaux, avaient voulu faire croire à un enlèvement avant de finalement passer aux aveux dimanche au cours de leur garde à vue prononcée samedi.