Effondrement d'un immeuble à Rosny-sous-Bois: «La probabilité de retrouver des survivants est faible»

FAIT DIVERS Les recherches dans les décombres de l'immeuble qui s'est effondré ce dimanche à Rosny-sous-Bois vont durer encore 24h...

20 Minutes avec AFP

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Un immeuble d’habitation de quatre étages s’est effondré, ce dimanche matin à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).
Un immeuble d’habitation de quatre étages s’est effondré, ce dimanche matin à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). — FRED DUFOUR / AFP

Au moins trois personnes, dont un enfant, sont mortes dimanche dans l'explosion d'un immeuble qui a fait aussi 11 blessés à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où les recherches se poursuivaient pour retrouver cinq habitants portés disparus.

«Les opérations sont très risquées»

Vers 18h00, les pompiers ont dégagé sur une civière le cadavre d'une femme «d'une quarantaine d'années» selon la préfecture. Ce décès s'ajoute à ceux d'un enfant d'une dizaine d'années et d'une femme de 45 ans retrouvés dans la matinée.

Les recherches devraient se poursuivre encore «au moins 24 heures», a estimé dans l'après-midi le colonel des pompiers Bernard Tourneur, qui dirige les secours. «Les opérations sont très risquées parce que la partie du bâtiment qui reste debout menace de s'effondrer», a-t-il expliqué, évoquant des travaux parallèles d'étaiement.

Une cinquantaine de sauveteurs continuaient de s'activer dans les gravats, se figeant et faisant silence dès qu'un chien semblait «marquer» la présence possible d'un corps. Les débris de plâtre et de béton étaient enlevés avec précaution, seau par seau.

«La probabilité de retrouver des survivants est faible»

D'après le général Gaëtan de Raucourt, commandant de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris, des «cavités» et des «poches d'air» ont été découvertes par les sauveteurs. «Des gens peuvent s'y être réfugiés. On a encore l'espoir de retrouver des personnes vivantes», a-t-il assuré.

«Plus le temps passe, plus la probabilité de retrouver des survivants est faible», s'est toutefois inquiété le préfet Philippe Galli. Une chapelle ardente doit être mise en place cette nuit, au cas où des corps seraient retrouvés.

«C'est une course contre la montre qui demande de la technicité et du temps. Nous sommes obligés de travailler de manière très organisée. Le temps met en danger les victimes mais nous sommes obligés de respecter certains facteurs techniques», a précisé le capitaine des pompiers Michel Cives.

«Une explosion vraisemblablement occasionnée par une fuite de gaz»»

L'explosion, survenue vers 07h00, a fait onze blessés dont quatre se trouvaient toujours dans un état très grave. L'immeuble de quatre étages a été soufflé, mettant à nu l'intérieur des appartements dans ce quartier résidentiel.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait évoqué en matinée «une explosion vraisemblablement occasionnée par une fuite de gaz», mais prudent, le parquet de Bobigny a souligné qu'il n'y avait «pas de certitude» que la forte explosion «soit liée au gaz».

«Il y avait des travaux de gaz et d'ERDF (électricité) sur les lieux», a indiqué le commandant Gabriel Plus, se refusant à faire un lien à ce stade. Contacté par l'AFP, cette société en charge du réseau de distribution du gaz, a indiqué qu'Íaucune fuite n'avait été signalée précédemment» sur ces lieux.

«Une hypothèse évoquée est que ce serait plus lié à des travaux menés par ERDF qui posait des câbles dans le périmètre», a ajouté un porte-parole. Interrogé par l'AFP, ERDF a refusé de commenter.

«Ils avaient creusé dans le trottoir juste en bas de l'immeuble», raconte Maryline Yvon, une voisine de 49 ans, convaincue que les travaux sont en cause. «Vu la force de l'explosion, c'est pas une bouteille de gaz, c'est sûr!».

«On a sorti deux enfants»

Les baies vitrées de Ghislaine Poletto, 55 ans, qui vit à une cinquantaine de mètres, ont volé en éclats. «J'ai pas hésité, j'ai sauté dans mon pantalon» pour essayer d'aider, a-t-elle expliqué.

Avec quelques voisins «on était dans les premiers arrivés», «on a sorti deux enfants» des décombres avec «deux policiers municipaux qui étaient débordés». L'un des enfants était «protégé par un matelas et une plaque au-dessus de sa tête qui lui a sauvé la vie. Je vois encore son petit bras et sa jambe qui sortaient», raconte-t-elle bouleversée.

Cet immeuble «semblait être normalement entretenu», a précisé le préfet, dont les services vont organiser le relogement de 22 personnes.