Seine-Saint-Denis: Douze collèges améliorés ouvrent pour la rentrée

EDUCATION La Seine-Saint-Denis s’apprête à vivre une «rentrée exceptionnelle». Le département ouvre douze collèges totalement neufs pour favoriser l’accueil des élèves…

Floriane Dumazert
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Stéphane Troussel visitait le nouveau collège Anatole-France  des Pavillons-sous-Bois.
Stéphane Troussel visitait le nouveau collège Anatole-France des Pavillons-sous-Bois. — Floriane Dumazert/20 Minutes

«C’est la Rolls-Royce du collège». Nathalie Sarrazin était enthousiaste, ce mercredi, en ouvrant les portes de l’établissement flambant neuf qui a poussé aux Pavillons-sous-Bois. Mêlant énergie renouvelable et installations numériques, la trentaine de salles de classe qui le compose -toutes équipées de quinze ordinateurs et d’un vidéo-projecteur interactif- accueilleront 450 élèves dès mardi.

«Avec un afflux de jeunes auparavant inscrits dans le privé», explique la future principale du collège. Une recrudescence expliquée par la modernité des équipements, mais aussi l’environnement, sur les bords de l’Ourcq, «très attractif qui apaisera les comportements», présage Nathalie Sarrazin.

Douze nouveaux collèges inaugurés

Car Stéphane Troussel, qui dirige le Conseil général, indique avoir voulu «faire vite et fort». Notamment pour faire face aux prévisions démographiques, qui annoncent «1.000 collégiens supplémentaires à chaque rentrée entre 2010 et 2015», et à l’état de certains établissements ou à l’évitement scolaire, réalité prégnante en Seine-Saint-Denis où certains élèves fuient les établissements publics.

En octobre 2010, la majorité départementale avait alors signé un plan exceptionnel d’investissement: 723 millions d’euros pour moderniser quatorze collèges et en créer six supplémentaires, qui viendront s’ajouter aux 120 établissements que compte déjà le département.

Rénover un ou deux collèges n’aurait en effet pas suffit à créer «l’électrochoc éducatif» dont rêvait Stéphane Troussel pour la Seine-Saint-Denis. Ce sont donc douze nouveaux collèges que le président du Conseil général du département s’apprête à inaugurer en cette rentrée 2014, alors que trois ont déjà été livrés au cours des 18 derniers mois et que cinq autres devraient l’être d’ici 2018.

Un PPP cerclé de garanties

Pour une action massive, le département a choisi le partenariat public-privé (PPP), qui avait fait polémique au sein de la majorité départementale lors du vote du projet. Alors, devant le scepticisme de certains collègues, Stéphane Troussel a expliqué avoir voulu «s’entourer de garanties». Ainsi, 60 % des fonds proviennent du public, 40 % ont été empruntés et 20 % sont issus d’un crédit à la caisse des dépôts, avec «un taux extrêmement intéressant». Le Conseil général s’est également doté d’une équipe dédiée à ce projet, «pour un rapport de force permanent avec les grands groupes», ayant participé à la réalisation des travaux.

Et devant l’un des trois nouveaux établissements qu’il visitait mercredi, le président du Conseil général a jugé le pari réussi: les coûts ont été respectés et les délais tenus, «aucun avenant n’a été signé». Entre l’investissement de départ, 350 millions d’euros pour douze collèges, et les loyers, vingt millions d’euros sur vingt ans, construction et maintenance coûteront tout de même plus de 700 millions d’euros au Conseil général. Probablement le prix à payer pour «montrer aux élèves de Seine-Saint-Denis que les adultes sont mobilisés pour les faire réussir», appuie Stéphane Troussel.

La transformation se poursuit

Mais le Conseil général n’a pas pensé qu’aux adolescents. Au fond de la cour du collège Louise-Michel, à Clichy-sous-Bois, se dressent ainsi les nouveaux logements de fonction. Une attention particulière pour des professeurs qui «enseignent parfois dans des conditions difficiles». Rénover ce collège était symbolique. «Son état était indigne de l’école de la République», commente Stéphane Troussel. «Le premier établissement était vétuste, celui-ci va donner plus envie», poursuit la directrice de la section Segpa.

Fort de ces réalisations, Stéphane Troussel compte ainsi relever le pari de l’éducation en Seine-Saint-Denis. «A l’automne, nous allons proposer un plan-collège pour 2020», pour remettre à niveau les 90 établissements restants du département. La transformation des collèges de la Seine-Saint-Denis ne fait que commencer.