Rentrée scolaire: « Il est bon d’installer un cadre pour les devoirs: des horaires fixes, un bureau, un coin calme»

VOS QUESTIONS Vous êtes angoissé par la rentrée scolaire de vos enfants? Revivez le chat par ici...

Christine Laemmel

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Emmanuelle Delacompté et Gisèle George, enseignante et pédopsychiatre
Emmanuelle Delacompté et Gisèle George, enseignante et pédopsychiatre — C.LAEMMEL/20MINUTES

Le mot de la fin?

Rassurez-vous, tous les enfants sont différents, ils ont tous des qualités et des talents, et la vraie réussite scolaire consiste à avoir suffisamment confiance en soi pour les appliquer et les utiliser. Faites-vous confiance, encouragez-les, restez fermes sur les consignes mais ne dramatisez pas les échecs. Les enfants sont en apprentissage, ils ont chacun leur rythme. Le principal est d’arriver au bout de la course, avec un sentiment de compétence personnelle qui leur permettra d’affronter le monde du travail.

Elodie: Ma fille rentre en CE1 et n'a pas de problèmes majeurs en classe et a plutôt de bons résultats (dans la moyenne) elle est par contre très dissipée veut se lever, parler, rire, faire le clown en classe ce qui irritait sa précédente maîtresse (on la comprend). Nous avons essayé la carotte et le bâton, rien ne marchait, comment l'aider à être plus concentrée? Nous craignons un peu cette nouvelle rentrée.(Elle souffre d'un léger trouble de l'attention confirmé par deux psychomotriciens). Que faire pour l'aider à se discipliner en classe?

Votre fille va bien, il n’est pas toujours facile de mettre un étalon au sein d’un manège, la discipline s’applique différemment avec ce type d’enfants. Essayez peut-être d’entrer en contact avec les associations de parents d’enfants ayant un trouble de l’attention.

Vanessa: Ma fille de 8 ans et demi passe en CE2, elle a toujours eu une tête de plus que ses camarades, a un QI de 119 donc pas précoce mais presque et est traitée depuis cette année pour une puberté précoce. Elle se sent à l'écart, a du mal à s'intégrer et nouer de vraies amitiés (stables) et dit désormais qu'elle est différente. Elle est bonne élève mais sans être brillante. Bref comment l'aider et impliquer la maîtresse pour qu'elle l'aide aussi?

119 de QI veut dire que votre fille a une intelligence à l’identique des autres et donc, aura une scolarité bien plus facile que celle des précoces. Il ne faut surtout pas qu’elle se sente différente à ce niveau-là.

En revanche, avoir une âme d’enfant et un corps de jeune fille n’est pas facile à gérer psychologiquement. Je vous conseille donc de la faire aider sur ce point (parlez-en à l’équipe qui s’occupe de sa puberté précoce). Ce n’est pas la maîtresse qui est la mieux formée dans ce domaine.

Muriel: Mon fils rentre en seconde. Il a beaucoup d’appréhension et a peur de ne pas arriver à suivre. Pouvez-vous lui conseiller une méthode de travail?

Ce n’est pas une méthode de travail qu’il lui faut, c’est de votre confiance en lui dont il a besoin. Rappelez-lui qu’à chaque rentrée, la scolarité est un peu plus difficile et que s’il est seconde c’est qu’à chaque fois il a réussi à suivre. Certes, la seconde est une étape particulière mais vous lui faites confiance, vous allez l’accompagner et vous savez qu’il y arrivera. Votre regard de confiance en lui renforcera la sienne.

D.: Ma fille est de décembre et rentre donc en moyenne section. Elle dort encore très bien à la sieste, étant angoissée la nuit. Mais en moyenne section, la sieste n'est plus d'actualité. Je suis en congé parental et je peux la garder l'après-midi et ne la mettre que le matin. Est-ce judicieux?

Si vous pensez que c’est bon pour le bien être de votre fille, cela me va très bien! (Gisèle George)

Julie: Mon fils de 6 ans rentre en CP. Malgré trois années de maternelle sans problèmes, il appréhende énormément le CP. Il est persuadé qu'en primaire, les enseignants sont beaucoup plus sévères et que sa future maîtresse dont on ne connaît même pas encore le nom, va lui crier dessus s'il n'a pas de bons résultats. Il remet en question le système scolaire et nous demande souvent à quoi sert l'école, si on ne peut pas faire l'école à la maison etc… Nous essayons de dédramatiser mais cela ne semble pas suffire.

Il est normal qu’il ait des craintes, écoutez-les mais ne “dédramatisez” pas, dans le sens où il n’y a aucun drame à aller à l’école! Les enseignants ne sont pas là pour punir mais pour expliquer et accompagner. Il ne doit pas hésiter à poser des questions, la maîtresse ne lui criera pas dessus s’il ne comprend pas du premier coup.

L’école, au-delà des connaissances théoriques, sert aussi à apprendre à vivre avec les autres, dans un groupe. C’est apprendre à suivre les règles du code de la route de la vie...

Laura: Bonjour, mercredi je rentre au lycée ( je refais une première et je change également de lycée ) donc je suis stressée car je vais atterrir dans une classe où tout le monde se connaît déjà depuis l'an dernier.

Les codes sociaux sont plus faciles au lycée qu’au collège, surtout en première où en plus, les spécialités que vous avez choisies indiquent que vous avez des points communs entre vous. Faites-vous confiance. Partez à la rentrée avec une série de sujets dont vous aimeriez parler (cinéma, séries, livres, musique, sport…) et entamez la conversation avec ces sujets. Vous pourrez ainsi trouver des affinités avec des camarades. Mais laissez-leur le temps de vous connaître et ne craignez pas d’être vous-même.

Lulu: Mon garçon de quatre ans rentre en moyenne section mais va partager son année de moyen dans une classe de grande section. Va-t-il être perturbé d'être entouré de grands?

Dans mon expérience (Gisèle George), les enfants adorent jouer avec les plus grands. Vous allez êtes surpris.

S.: Mon fils rentre en CM1 , il saute son CE2. Je suis à demi rassurée car il ne change pas d'école . C'est un enfant bien dans ses baskets qui a des copains et pratique des activités sportives en club. Il a passé les tests QI (135) suite à son agitation en classe mais on n’a pas voulu rentrer dans les détails avec lui car il a déjà beaucoup d'assurance naturellement. Quelques questions: on nous a dit que les 2-3 premiers mois étaient un peu compliqués. Comment le rassurer si le moral flanche? Comment lui expliquer qu'il faut rester modeste par rapport à ses copains qui passent eux en CE2 et qui ont aussi bien travaillé l'année dernière? Comment gérer si les premiers jours il est mis de côté par les CM1 ou pris pour une bête curieuse?

GG: Avoir un QI hors norme ne veut pas dire que l’on est plus intelligent mais que l’on a une intelligence différente. Votre fils aura des facilités dans certaines matières et des difficultés dans d’autres. A vous de lui apprendre que la différence ne se mesure pas en plus ou en moins mais se respecte: est-ce que le fait d’être un garçon par exemple est plus ou moins bien que d’être une fille?

Quels que soient les classes et les niveaux des élèves, les premiers, les derniers, les “en avance”, les redoublants sont toujours à un moment donné sujets de quolibets mais dans une classe, tout est sujet de quolibets! Si votre fils a beaucoup d’amis c’est qu’il sait déjà répondre aux moqueries de ses camarades, à lui de continuer les mêmes méthodes.

Annabelle: Comment procéder pour les devoirs de l'enfant? Faut-il l'accompagner, faut-il lui faire confiance et le laisser gérer?

Il est bon de lui faire confiance et de le stimuler sans lui mettre la pression. Il est bon également d’installer un cadre, c’est-à-dire des horaires fixes, un bureau uniquement consacré aux devoirs, un coin calme sans distracteurs (frères, soeurs, cuisine, écrans…)

Pour un enfant jeune, vous pouvez vous mettre à côté de lui et lui apprendre à s’organiser, le laisser faire et vérifier ensuite. Au moment de la vérification, il ne s’agit pas simplement de donner le bon résultat ou la bonne réponse, mais de lui montrer comment vous vérifiez. La vérification est aussi une stratégie d’apprentissage. Si vous voulez plus de précisions concrètes, je développe ce point dans le chapitre sur les devoirs dans La confiance en soi de votre enfant, éditions Odile Jacob, en poche. (Gisèle George)

Pour tous les enfants, soyez ferme s’ils ne veulent pas faire leurs devoirs, mais ne les disputez jamais pour des erreurs. Et encore une fois, l’encouragement est très profitable.

Christine: Mon fils a 6 ans 1/2. Il va rentrer en CE1.  Il est bilingue francais anglais (papa anglais et moi française). Je suis un peu inquiète parce qu'il ne sait pas encore bien lire ni écrire. Il est parmi les plus jeunes de sa classe. Mon mari et moi lui avons payé des cours particuliers et lui faisons faire un peu de lecture tous les jours. Il est très réticent et dit qu'il n'aime pas l'école, pourtant il a beaucoup de copains et est bien intégré. D'après son maître il a les capacités mais manque de maturité. Nous allons aller voir une orthophoniste pour savoir s'il ne serait pas un peu dyslexique. Auriez-vous autre chose à nous recommander?

Je (Emmanuelle Delacompté) suis face à des collégiens qui ont donc entre 11 et 14 ans et qui ont souvent encore des difficultés à l’écrit. En CE1, il est effectivement utile d’accompagner votre enfant, de l’aider à faire ses devoirs, mais aussi de dédramatiser le rapport à l’orthographe et aux notes, pour éviter que son début de rejet scolaire ne s’aggrave. Il a le temps pour apprendre, il a encore 20 ans d’études devant lui! Faites attention à ce qu’il ne baisse pas les bras devant la tache qu’il va croire insurmontable. Ce qui fonctionne le mieux pour aider un enfant dans son apprentissage, c’est de l’encourager dans ce qu’il réussit.

Delphine: Ma fille de trois ans et demi va rentrer en maternelle. Elle est en crèche actuellement. C'est une petite fille très sensible, sujette aux cauchemars presque toutes les nuits et a déjà fait des crises d'angoisse. Elle a très peur des enfants quand ils sont en nombre, elle va devoir gérer les changements de lieux pour la cantine, les ateliers découvertes et le périscolaire. De plus, elle vient d'avoir une petite sœur il y a trois mois. Comment faire pour que la rentrée se passe bien?

En tant qu’enseignante (Emmanuelle Delacompté), je peux simplement vous rassurer sur le fait que les professeurs en maternelle sont habitués et bienveillants. Votre petite fille ne sera pas la seule à être inquiète face à cette nouvelle situation, les autres enfants devront aussi apprendre à se socialiser, à s’organiser et à s’autonomiser. Faites-lui confiance, elle va vite s’adapter.

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Plus que quatre jours, cinq pour certains. Mais la semaine prochaine, tous les écoliers, collégiens et lycéens auront repris les cours. Jusque là, alors que vos enfants profitent de leurs derniers moments de liberté, vous, vous vous rongez les sangs. Mille questions vous agitent le cerveau en imaginant l’année scolaire. Son cartable est-il trop lourd? Dois-je lui laisser un gouter? Et s’il est nul en orthographe? Comment l’aider à savoir ce qu’il veut faire plus tard? Est-il surdoué? Hyperactif? Dyslexique? Asocial? Et s’il n’a pas envie d’aller à l’école, que dois-je lui dire?

Pour répondre à toutes vos interrogations, rationnelles ou pas, la rédaction de 20 Minutes reçoit ce vendredi dès 9h30 deux pros de la rentrée des classes: Gisèle George, pédopsychiatre et auteure de nombreux ouvrages sur le stress à l’école. Cette médecin sera accompagnée d’Emmanuelle Delacomptée, professeur de français et auteure de Molière à la campagne (JC Lattès).

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