Tout savoir sur le téléphone d’alerte «grand danger» pour les femmes victimes de violences

VIOLENCES Le gouvernement a annoncé, ce vendredi, le déploiement sur tout le territoire de ce dispositif qui vient en aide aux femmes victimes de violences conjugales…

Vincent Vantighem

— 

Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, à l'Elysée le 16 juillet 2014
Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, à l'Elysée le 16 juillet 2014 — Patrick Kovarik AFP

Le gouvernement a annoncé, ce vendredi matin, le déploiement sur l’ensemble du territoire du téléphone d’alerte «grand danger» pour les femmes victimes de violences conjugales. 20 Minutes décrypte ce dispositif qui a déjà fait ses preuves dans treize départements…

De quoi s’agit-il?

«Nous devons répondre à l’urgence des victimes!» En octobre 2009, Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Justice, annonçait, dans les colonnes de 20 Minutes le lancement d’une expérimentation afin d’équiper plusieurs femmes victimes de violences conjugales de téléphone d’alerte.

>> Relire: L’interview de Michèle Alliot-Marie à l’époque

Le principe est simple. Le portable d’urgence est équipé d’un bouton d’alerte. Il suffit d’appuyer dessus pour être mis en relation avec un service d’écoute de Mondial Assistance. Si la femme qui appelle est en danger, Mondial Assistance a la capacité d’envoyer en urgence une équipe de police lui porter secours. «C’est donc aussi un matériel dissuasif pour les hommes violents», confiait à l’époque celle qui est aujourd’hui députée européenne.

A qui ce dispositif s’adresse-t-il?

Depuis le lancement de l’expérimentation, 157 téléphones ont été accordés, à un moment ou à un autre, à 304 femmes dans treize départements différents. Il s’agit de femmes victimes de violences au sein de leur couple et qui ont été séparées de leur compagnon.

>> A lire: L’interview de la coordinatrice nationale de la lutte contre les violences faites aux femmes

Si le procureur de la République estime que le compagnon violent peut potentiellement tenter de revoir sa victime et de lui faire à nouveau du mal, alors il peut accorder cet équipement.

Pourquoi certaines femmes victimes de viols en sont-elles également équipées?

La justice a compris que la longueur des procédures permettait parfois à certains hommes coupables de viols de vouloir se venger sur leurs victimes qui les ont dénoncés avant même le procès.

Vidéo: Campagne contre le viol conjugal

«Nous avons vu parfois certains hommes passer un an en prison avant de bénéficier d’une libération conditionnelle dans l’attente de leur procès, témoigne Ernestine Ronai, coordinatrice nationale de la lutte contre les violences faites aux femmes. Certains d’entre eux en ont profité pour agresser à nouveau leurs victimes…»

Combien de femmes sont victimes de violences chaque année?

Selon les dernières statistiques publiées par la plate-forme gouvernementale «Stop aux violences», 201.000 femmes, âgées de 18 à 59 ans sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur actuel ou ancien compagnon.

>> Etude: Les violences en baisse légère en 2013

En 2013, 129 femmes et 30 hommes ont été tués par leur compagnon ou compagne. Dans le cadre de violences au sein du couple, 33 enfants sont également décédés, tués par un parent ou beau-parent.