Un donateur envoie un chèque de 50.000 euros à «Nice-Matin»

MEDIAS Les salariés de journal ont reçu mercredi un chèque de 50.000 euros et 18 manuscrits et lettres anciens pour les soutenir... 

A.L. avec AFP
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Les salariés de «Nice-Matin» en novembre 2013
Les salariés de «Nice-Matin» en novembre 2013 — VALERY HACHE / AFP

L’ouverture du courrier a été sympathique ce mercredi pour les salariés de Nice-Matin. Un généreux donateur leur a adressé un chèque de 50.000 euros et 18 manuscrits et lettres anciens pour les soutenir, alors qu’ils portent un projet de reprise de leur quotidien sous forme de coopérative.

Grâce à cette contribution émanant d’un commerçant en manuscrits anciens originaire de Nice, les salariés avaient déjà levé près de 260.000 euros sur les 300.000 visés mercredi en fin de journée sur le site de financement participatif Ulule.

Des manuscrits de Victor Hugo ou Chateaubriand

Les 18 lettres et manuscrits, notamment de Victor Hugo ou Chateaubriand, sont destinés à la vente aux enchères organisée par les salariés le 6 septembre, s’est réjoui Jean-François Roubaud, délégué SNJ et représentant de l’intersyndicale. Les salariés mettront également en vente des oeuvres de Ben, Arman, César ou Bernar Venet à cette date.

«On avait la quasi-certitude d’atteindre cet objectif (de 300.000 euros levés), mais comme on vise plus, on n’est pas satisfaits», a commenté Jean-François Roubaud. Les salariés avaient eu l’idée de lancer un appel au financement participatif après avoir reçu un chèque de 3.800 euros d’une retraitée de 91 ans.

Cinq repreneurs candidats

Cinq repreneurs se sont déclaré candidats à la reprise du groupe Nice-Matin. Les salariés ont donc eux-mêmes déposé un dossier de reprise, via une société coopérative et participative (SCOP) qui nécessitera un adossement à des investisseurs privés et des prêts.

Ils poursuivent toujours des discussions avec des investisseurs minoritaires éventuels, a déclaré Jean-François Roubaud: «S’il n’y a pas d’investisseur, il n’y a pas de projet». Le 13 août, il avait évoqué trois potentiels investisseurs, mais «il y en a un avec qui les choses ne se feront sans doute pas», a-t-il précisé.

D’après les syndicats, les autres candidats sont la Société normande d’information et de communication (éditrice de Paris Normandie, du Havre Libre et du Havre Presse), le principal actionnaire de Libération Bruno Ledoux, l’ex-propriétaire de La Tribune et de France-Soir Georges Ghosn, le groupe de presse belge Rossel (Le Soir, La Voix du Nord, Le Courrier Picard, l’Union) associé au groupe de BTP monégasque Marzocco et à l’homme d’affaires franco-libanais Iskandar Safa, et enfin le groupe Azur Santé Retraite.