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SOCIÉTÉIrlande: Obligée d’accoucher alors qu’elle voulait avorter

Irlande: Obligée d’accoucher alors qu’elle voulait avorter

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La jeune femme, qui serait tombée enceinte après un viol, a été obligée d’accoucher par césarienne à 25 semaines de grossesse…
Les députés irlandais ont adopté une loi autorisant l'avortement quand la vie de la femme est menacée, une avancée limitée et controversée dans un pays à forte tradition catholique où des milliers de femmes vont chaque année interrompre leur grossesse à l'étranger
Les députés irlandais ont adopté une loi autorisant l'avortement quand la vie de la femme est menacée, une avancée limitée et controversée dans un pays à forte tradition catholique où des milliers de femmes vont chaque année interrompre leur grossesse à l'étranger - Peter Muhly AFP
Anissa Boumediene

Anissa Boumediene

L’histoire secoue l’Irlande, mais ce n’est pas un cas isolé. Une jeune femme, victime d’un viol, a été contrainte d’accoucher par césarienne après 25 semaines de grossesse, ce dimanche 17 août. Malgré l’adoption d’une loi assouplissant l’interdiction de l’avortement, la justice a refusé d’accorder à la jeune femme le droit de mettre un terme à sa grossesse.

L’IVG interdite en Irlande, même en cas de viol

Depuis un référendum de 1983, l’avortement est strictement interdit dans la très catholique République d’Irlande, même en cas de grossesse consécutive à un viol. En 2013, le Parlement a très légèrement assoupli la législation en autorisant l’interruption de la grossesse en cas de danger sur la vie de la mère. Une autorisation accordée après avis d’un collège de sept médecins.

La jeune femme de 18 ans, d’origine étrangère, a raconté son histoire à l’Irish Times. Elle affirme avoir été violée avant son arrivée en Irlande et aurait découvert peu après qu’elle était enceinte de huit semaines, au cours d’une visite médicale. Elle aurait alors immédiatement demandé à interrompre sa grossesse, préférant « mourir plutôt que de porter l’enfant issu d’un viol ». Mais la justice irlandaise a estimé que le cas de la jeune femme ne justifiait pas le recours à l’avortement.

Grève de la faim et santé mentale fragile

Face à ce refus, la jeune femme envisage d’aller avorter en Angleterre mais y renonce, faute d’argent. Elle est alors hospitalisée à 24 semaines de grossesse pour avoir menacé de se suicider. Après avoir entamé une grève de la faim et de la soif, la jeune femme est examinée par deux psychiatres et un obstétricien qui attestent de ses pulsions suicidaires et conviennent que son état de santé nécessite une interruption de sa grossesse.

Contrainte de poursuivre sa grossesse contre sa volonté

Mais dans le même temps, la justice irlandaise a ordonné que la patiente soit réhydratée et nourrie pour permettre la survie de l’enfant. L’hôpital, après avoir indiqué à la jeune femme qu’elle pourrait avorter, lui a ensuite signifié qu’elle devrait finalement subir une césarienne. Elle a donné naissance à un enfant quelques jours plus tard. Le bébé, qui n’a eu aucun contact avec sa mère, a été placé en soins.

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