Comment surmonter le blues de la rentrée?

TRAVAIL Voici nos conseils et astuces pour gérer au mieux le passage de l'inactivité à l'activité...

Céline Boff

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Illustration sur le stress et la dépression au travail.
Illustration sur le stress et la dépression au travail. — CLOSON/ISOPIX/SIPA

La dolce vita, c’est terminé. L’heure de la rentrée a sonné et avec elle, celle du retour à la productivité. Dans ce contexte, comment éviter le coup de blues? Et d’abord, est-il normal de le ressentir? «Toutes les études prouvent que les Français aiment leur travail. Ils sont généralement heureux à l’idée de le retrouver», répond Marie Pezé, psychologue spécialiste des questions de souffrance et de stress au travail.

Mais à une condition: «Que les vacances aient été suffisamment satisfaisantes et longues –au moins deux semaines consécutives, trois si possible.»

«D’un point de vue physiologique, si les vacances ont été bonnes, il n’y a pas de raison de manifester un blues de rentrée», renchérit François Duforez, médecin au Centre du sommeil et de la vigilance de l’Hôtel-Dieu à Paris. «C’est souvent l’anxiété de la rentrée qui pose problème, avec la reprise d’horaires avec temps de transport parfois importants, des échéances financières à venir (impôts, rentrée scolaire des enfants...) et la durée des jours qui diminue inexorablement.»

«Se souvenir des raisons pour lesquelles nous aimons notre travail»

Pour éviter de se sentir épuisé dès la mi-septembre et de prendre du poids pendant l’automne –des symptômes de la dépression saisonnière– des solutions existent. D’abord, en préparant sa rentrée. «Les jours précédent la reprise, il faut réguler son sommeil, trier ses mails, ranger ses papiers», insiste Marie Pezé. «Il est également judicieux de se souvenir des raisons pour lesquelles nous aimons notre travail. Par exemple, le fait d’être utile au monde, le plaisir de retrouver ses collègues, etc.»

«Il faut profiter du recul que vous ont procuré les vacances pour affronter la réalité avec plus de confiance et moins d’anxiété. Penser que le travail sera potentiellement intéressant est aussi une bonne méthode», complète François Duforez.

La priorité est de conserver une bonne qualité de sommeil, en se levant et se couchant à heures régulières, tout en gardant à l’esprit «que la grasse matinée est moins récupératrice que la sieste», insiste François Duforez. Pour bien dormir, il faut aussi «avoir une chambre à bonne température (18°C), avec une literie de grande taille et le moins de bruit et de lumière possible».

Un coup de fatigue? Pensez à la sieste justement. «Les études récentes montrent son efficacité sur le système immunitaire, la mémoire, l’humeur, et la sensation au sens large de douleurs», poursuit François Duforez. Il faut la pratiquer idéalement en début d’après-midi et la limiter à moins d’une demi-heure, voire à quelques minutes. «Il n’est pas nécessaire de s’endormir, il suffit juste de fermer les yeux et de respirer tranquillement», assure le spécialiste. Ce qui est, par exemple, compatible avec un trajet dans le bus ou le métro.

«Au boulot, nous sommes tous des athlètes de haut niveau»

Evidemment, il est fortement recommandé de pratiquer une activité sportive mais aussi de cultiver du lien social. Les deux pouvant se combiner, «par exemple lors d’un footing ou d’une promenade à vélo en groupe», propose François Duforez. «Mais pour beaucoup, ces activités se cantonnent à faire les courses, le ménage, à préparer les repas et les enfants…» tempère Marie Pezé.

«Si l’agenda déborde, effectuer quelques gestes de yoga, chez soi, peut suffire. Et surtout, il faut couper le soir venu avec son portable, Internet et les réseaux sociaux. Ces stimulations incessantes sont extrêmement fatigantes.» Plus largement, il est capital de s’accorder régulièrement des pauses. «Nos rythmes de travail actuels ne respectent pas la physiologie du corps humain. Au boulot, nous sommes tous des athlètes de haut niveau, sauf que nous n’avons ni coach, ni masseur pour nous chouchouter…» note Marie Pezé.

«Tout ce qui permet à la pensée de recommencer à flotter est une bonne chose. Par exemple, en déjeunant au moins une fois par semaine à l’extérieur, en s’accordant quelques minutes de répit au milieu de la matinée et de l’après-midi. Il est important d’introduire des moments de rupture par rapport à la sédentarité de la posture, cela permet de conserver le mouvement des vacances.»

Et puis, pensez positif. Oui, ce n’est pas toujours facile, mais c’est comme tout, ça vient plus facilement en pratiquant. «La pensée positive peut être une bonne voie de solution, surtout pour la population française», conclut François Duforez.