Les stages de pré-rentrée sont-ils une bonne chose pour les élèves ?

RENTRÉE SCOLAIRE Si le directeur de Complétude enregistre un nombre croissant d’inscriptions, le chronopsychologue François Testu assure que des solutions moins intensives facilitent la transition entre les vacances et la rentrée scolaire…

Floriane Dumazert

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Certains cours collectifs Acadomia étaient dirigés par des enseignants auto-entrepreneurs
Certains cours collectifs Acadomia étaient dirigés par des enseignants auto-entrepreneurs — POUZET/SIPA

Ils n’ont pas attendu la rentrée pour ressortir cahiers et calculette. Cette année, Complétude attend plus de 2.000 élèves sur ses deux semaines de stage de pré-rentrée. Des cours en petits groupes qui trouvent aisément leur public. Alors que leur «activité de soutien scolaire est en baisse de 20 % par rapport à 2008, la fréquentation des stages de pré-rentrée est en hausse de 15 % entre 2007 et 2014», annonce Hervé Lecat, directeur et fondateur de Complétude.

Pendant une semaine, entre cinq et huit élèves se retrouvent par cours pour revoir leurs fondamentaux. «La mission des stages de pré-rentrée est de réentraîner les élèves sur les notions qu’ils ont déjà vues et qui vont leur servir au cours de la prochaine année, détaille Hervé Lecat. Se remettre à niveau, sans prendre de l’avance sur le programme à venir, car l’organisme veut «laisser aux professeurs le soin d’introduire les nouveaux concepts. En se remettant dans le bain plus tôt, les élèves retrouvent un rythme qui leur permet d’être plus sereins à la rentrée».

Revoir les notions de base et «se réchauffer avant la rentrée»

Ces stages ne sont donc pas une rentrée avancée pour satisfaire des élèves à l’esprit de compétition. Hervé Lecat explique d’ailleurs qu’ils attirent des profils très variés de collégiens et lycéens. «Nous accueillons des élèves qui sont passés de justesse en classe supérieure avec des difficultés dans une matière, et d’autres sans problème particulier, qui veulent simplement se réchauffer avant la rentrée.»

François Testu, chronopsychologue spécialiste des rythmes scolaires, identifie un absent dans ce panel: l’élève qui a de véritables difficultés scolaires. Selon lui, les élèves «qui en auraient le plus besoin» ne participent pas aux stages. Parce qu’ils «n’en ont pas toujours envie, et pas non plus les moyens». Car pour une semaine intensive chez Complétude, les parents doivent débourser plus de 200 euros pour deux heures de cours d’une même matière pendant cinq jours.

«Les vacances sont les vacances»

Pour éviter d’imposer un rythme trop soutenu aux élèves, Complétude fixe un maximum de deux matières revues par semaine. A raison d’un cours de deux heures par matière, pendant cinq jours, ou 2h30 pendant quatre jours, et en comptant «une heure à 1h30 de travail personnel quotidien», «cela fait déjà une belle journée», commente Hervé Lecat.

Pas de quoi convaincre François Testu, «interrogatif sur cette stratégie», même s’il dit comprendre que «les parents veulent faire au mieux pour leurs enfants». «Que l’on facilite la transition entre les vacances et la rentrée n’est pas une mauvaise affaire, mais cela doit se faire en douceur». Alors, sans inscrire ses enfants à des stages de pré-rentrée, ce «défenseur des vacances» rappelle que les parents peuvent, progressivement, «habituer leurs enfants à se coucher à des heures raisonnables et adopter un rythme régulier». Et de conclure: «Les vacances sont les vacances, de temps en temps, il faut souffler».