Luc Tangorre une nouvelle mise en examen et un lourd passé judiciaire

PORTRAIT Luc Tangorre, condamné pour viols en 1983, partiellement gracié par François Mitterrand, a été mis en examen mardi pour l'agression sexuelle d'une fillette

A. Le G. avec AFP

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Luc Tangorre en procès
Luc Tangorre en procès — JEAN CHESNOT / AFP

Qui est Luc Tangorre? Pour l'instant, un homme de cinquante ans mis en examen pour agression sexuelle sur mineur de 15 ans.

Mais Luc Tangorre est aussi cet homme, condamné pour viols en 1983 et partiellement gracié par François Mitterrand, comme le rappelle cet article du Monde

Un procès au fort retentissement médiatique

En 1983, son premier procès avait suscité un fort intérêt médiatique. L'accusé, alors étudiant en sport, niait farouchement les faits qui lui étaient reprochés, criant à l'erreur judiciaire après sa condamnation à 15 ans de prison pour quatre viols, une tentative et six attentats à la pudeur commis dans les quartiers à Marseille entre 1979 et 1981.

Une partie de la presse et un comité de soutien -fort de 4.000 signatures- avaient pris la défense du «Coupable à tout prix», comme le désigne dans un livre sur l'affaire Gisèle Tichané, chercheur au CNRS. L'historien Pierre Vidal-Naquet, dont le frère, avocat, défend Tangorre, publie même dans Le Monde une tribune intitulée «Le viol est un crime, l'erreur judiciaire aussi», signée par de nombreuses personnalités. Luc Tangorre avait finalement obtenu une grâce présidentielle partielle de François Mitterrand et était sorti de prison le 15 février 1988.

Il récidive quelques mois plus tard

L'historien s'en excusera ensuite dans Le Monde. Car quelques mois plus tard, le 24 octobre, il était de nouveau interpellé, accusé du viol de deux étudiantes américaines, commis à Rodhilan, dans le Gard, le 23 mai précédent -trois mois à peine après sa sortie de prison.

Les deux jeunes filles, âgées de 20 et 21 ans, qui se rendaient de Marseille à Paris, avaient été violées en rase campagne par un jeune homme qui les avaient prises en auto-stop.

Elles avaient eu le temps de voir dans la malle de la Renault verte du violeur, un livre dont la couverture portait la mention «coupable» et la photo d'un homme moustachu, une jaquette identique à l'ouvrage «Coupable à tout prix» qui relatait la première affaire Tangorre.

Libéré en 2000

Au cours de ce second procès, en 1992, Luc Tangorre avait adopté la même stratégie de défense, et malgré des témoignages accablants, nié les faits «sur la tête de (ses) parents, sur la tombe de (sa) grand-mère». A l'énoncé du verdict -18 ans de réclusion criminelle-, Luc Tangorre avait craqué: «Pas deux fois, pas deux fois!», s'était-il écrié.

En 1995, la Commission de révision des condamnations pénales avait rejeté la requête de Luc Tangorre, qui réclamait la révision de ce second procès. Il avait retrouvé la liberté en septembre 2000.

Cette fois-ci, c’est sur une aire de jeux du Grau-du-Roi (Gard) que ce violeur multirécidiviste de 55 ans aurait renoué avec son passé judiciaire. Dimanche 10 août vers 16h30, il se serait «frotté» à plusieurs reprises à une petite fille de 12 ans qui jouait sur la plage près d’un château gonflable, selon la plainte déposée peu après les faits par les parents de la victime. A l’arrivée des gendarmes, le suspect, formellement reconnu par la fillette, a été interpellé sans opposer de résistance.

Mais en garde à vue, il a vigoureusement nié les faits, affirmant être victime d’un «complot». Argumentation dont il usait déjà lors de son premier procès.

Le parquet a demandé une expertise psychiatrique, a-t-il été précisé. La justice vérifie également si le quinquagénaire a été récemment mis en cause dans des affaires de même nature.