VIDEO. Expulsion polémique d'une famille arménienne: Que s'est-il passé?

FAITS DIVERS La scène s'est déroulée au Centre d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile (CADA) près de Nancy et a été filmée avec un téléphone portable…

Romain Lescurieux

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L'entrée d'un commissariat
L'entrée d'un commissariat — Jacques Demarthon AFP

«Musclée», «contestable», «violente», «expéditive»… Les mots ne manquent pas. Réseau éducation sans frontières (RESF) et la Cimade montent au créneau à la suite de l’expulsion d’une famille arménienne, le 5 août dernier. Dans un communiqué, le Parti socialiste demande de son côté au gouvernement «que toute la lumière soit faite sur cette affaire qui ne peut que choquer». Que s’est-il passé?

«Elle a été empoignée et traînée dans l’escalier sur les trois étages»

Selon RESF et la Cimade, le 5 août, à six heures du matin, un couple d’Arméniens, Souren et Asya, et leurs deux enfants âgés de 7 ans et de 8 mois dorment au CADA (Centre d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile) d’Essey-lès-Nancy. C’est alors que Jean-François Raffy, secrétaire général de la Préfecture de Meurthe-et-Moselle et un fonctionnaire de la police aux frontières (PAF) se présentent à la porte de la famille, qui est assignée à résidence, visée par une obligation de quitter le territoire français, mentionne dans son article l’Express. Le ton monte.

«Souren, le père de 29 ans, a refusé d’ouvrir. Monsieur Raffy lui a demandé de les accompagner, en échange, il a promis qu’il laisserait sa famille tranquille. Il est donc sorti. Il a été transféré au commissariat de police où il a été placé en retenue administrative», mentionne RESF. Mais une heure plus tard la situation s’envenime davantage, lorsque la police se présente à nouveau au CADA.

En effet, Asya refuse alors d’ouvrir aux forces de l’ordre. «Ils ont commencé à forcer la porte, qui s’est en partie cassée. Il a également été fait appel à un serrurier pour l’ouvrir de force. Asya a refusé de sortir. Elle a été empoignée et traînée dans l’escalier sur les trois étages. Les deux enfants ont été pris par la police malgré leurs pleurs et la résistance de l’aînée», poursuit RESF.

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«Si le juge annule la mise en rétention de la famille, alors on exigera leur retour»

La famille a ensuite été transférée au Centre de rétention administrative (CRA) de Metz. Et a été expulsée dès le lendemain vers l’Arménie alors qu’elle a déposé un recours devant le tribunal administratif sur la légalité de son interpellation. Mais la séance s’est déroulée jeudi après-midi sans sa présence car la mesure est non suspensive.

«Ils ont été traités pire que comme des délinquants», assure leur avocate, maître Brigitte Jeannot à l’Express. «Madame porte des marques sur les jambes et les bras de cette descente contrainte des escaliers», relève également RESF. La famille a envoyé une plainte au procureur de Metz pour violences et violation du domicile. «La préfecture est passée en force. L’expulsion du domicile est illégale», déplore maître Brigitte Jeannot.

La famille ne compte pas en rester là. Elle a fait appel devant la cour administrative sur son obligation de quitter le territoire. «Si le juge considère qu’il y a abus de pouvoir et annule la mise en rétention de la famille, alors on exigera leur retour», affirme à 20 Minutes Jeannette Vallance de RESF. Car le réseau note que la promesse de François Hollande selon laquelle plus aucun enfant ne sera placé en centre de rétention a été violée.