VIDEO. Vol de cocaïne au «36»: Malgré le silence du suspect, les indices s'accumulent

FAITS DIVERS Il est soupçonné d’avoir volé plus de 50 kg de cocaïne au siège de la police judiciaire...

N.Beu.

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L'entrée du siège de la police judiciaire de Paris au 36 quai des Orfèvres, le 1er août 2014
L'entrée du siège de la police judiciaire de Paris au 36 quai des Orfèvres, le 1er août 2014 — Kenzo Tribouillard AFP

La garde à vue continue pour le brigadier du 36 Quai des Orfèvres. Soupçonné d’avoir volé plus de 50 kg de cocaïne au siège de la police judiciaire dans la nuit du 24 au 25 juillet, il est pour l’instant resté «quasi muet», selon les enquêteurs. Ce qui n’empêche pas les révélations de s’accumuler sur son compte.

Des mouvements suspects

La salle des scellés, où étaient entreposés les 52 kg de cocaïne saisis début juillet par la brigade des Stups, n’a pas été forcée et seules trois personnes possédaient les clés de cet endroit ultra-sécurisé. Or le brigadier s’y est rendu «sous des prétextes futiles», selon une source proche de l’enquête citée par l’AFP. Il a ensuite été vu ressortir du «36» par une policière planton, avec des sacs pleins à ras bord.
Par ailleurs, selon Europe 1, son portable aurait été coupé avant son arrivée au siège de la police judiciaire. Avant d’être rallumé bien après son départ du «36». Une pratique courante chez les malfaiteurs qui complique la géolocalisation, selon la radio.

Un train de vie qui intrigue

Domicilié à Paris, le fonctionnaire possède également sept biens immobiliers. Où exactement? Difficile à dire. Selon Europe 1, il s’agirait de deux pavillons à Perpignan et cinq studios ou chambres de bonne, à Paris et en proche banlieue. Pour le quotidien régional L’Indépendant, ces sept biens seraient des appartements d’un même immeuble dans le département des Pyrénées-Orientales. Des biens achetés à plusieurs propriétaires, via une société civile et immobilière, et dont le patrimoine de l’épouse du suspect aurait facilité l’acquisition.
Des sommes d’argent ont aussi été retrouvées lors de perquisitions à Perpignan et à Paris. Si l’AFP, qui cite une source proche de l’enquête, assure qu’elles ne sont «pas dans des proportions importantes», Europe 1 évoque tout de même les chiffres de 7.000 euros en espèces dans son domicile parisien et de 20.000 euros dans sa valise à Perpignan. Des sommes qui intrigueraient les enquêteurs, qui épluchent actuellement les comptes bancaires du suspect, d’après BFMTV.

Un scénario à la Musulin?

Les enquêteurs étudieraient deux scénarios, selon RTL. Le premier aurait conduit l’auteur du vol à vendre la cocaïne au plus vite par l’intermédiaire de trafiquants. Les policiers se sont donc intéressés aux connexions éventuelles du brigadier en garde à vue avec le milieu. L’AFP cite ainsi des sources qui affirment qu’il y aurait des complicités dont «certaines», sans doute, «dans le milieu perpignanais». Mais il ne s’agit pas de la piste privilégiée et l’IGPN penche plutôt pour un «acte isolé». Dans cet autre scénario à la Musulin, la drogue aurait été cachée, le suspect sachant qu’il pourrait la retrouver tôt ou tard. Sans preuve, difficile en effet pour les policiers de démontrer que le brigadier sur lequel portent leurs soupçons est coupable. Ce qui pourrait expliquer son mutisme en garde à vue.