VIDEO. Les radars servent-ils à remplir les caisses de l'Etat?

AUTOMOBILE Comme semble l’affirmer Marine Le Pen…

Mathieu Bruckmüller

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Un radar, à Nice.
Un radar, à Nice. — PINSON CHRISTIAN/SIPA

C’est une idée fixe. Une nouvelle fois le Front national, par la voix de sa présidente, Marine Le Pen, a fustigé les radars sur les routes, à la veille du grand chassé-croisé des vacances.

«Tous les Français savent que les radars ne sont pas là pour empêcher les accidents. Ils sont là pour remplir les caisses de l’Etat. C’est une réalité, une certitude. Les radars ne sont pas mis sur les routes accidentogènes. Ils sont mis sur les routes où ils rapportent le plus. C’est donc un impôt supplémentaire», a-t-elle estimé au micro de RTL vendredi.


"Il faut supprimer les radars", dit Marine Le Pen par rtl-fr

La bataille du Front national contre la traque des automobilistes» avait été l’un des chevaux de bataille de sa candidate lors de la présidentielle de 2012.


Marine Le Pen: pour une sécurité routière qui… par MarineLePen

En 2013, les 4.200 radars (fixes, mobiles, feux rouges, passages à niveau) ont rapporté 708 millions d’euros, d’après la Sécurité routière. Sur cette somme, 239 millions ont permis à l’État de financer l’installation et la maintenance des radars et 170 millions ont contribué au financement par les collectivités territoriales d’opérations destinées à améliorer les infrastructures de transport en commun et de circulation.

Interrogée par 20 Minutes, Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière, balaie d’un revers de la main l’argument selon lequel «les radars sont des pompes à fric». «Le coût de l’insécurité routière (perturbations du trafic, interventions des secours, réparations, soins, assurances) atteint près de 23 milliards d’euros», rappelle-t-elle. D’après les derniers chiffres de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), les accidents matériels coûtent plus de 12 milliards d’euros et les accidents corporels 9,5 milliards d’euros.

Si la vitesse demeure la première cause de mortalité sur les routes, c’est depuis l’installation des radars fixes en 2003 que le nombre des décès est passé de 6.000 personnes par an à 3.250 à la fin 2013.

«Dix ans après l’installation des premiers radars fixes, les études montrent que les Français conduisent en moyenne 10 km/h moins vite qu’il y a dix ans», note un rapport parlementaire réalisé en prévision du projet de loi de finances 2014. Chantal Perrichon rappelle d’ailleurs que la mise en place d’un radar fixe obéit à des règles bien précises.

Dans le rapport parlementaire, la vice-présidente de l’Assemblée nationale Sandrine Mazetier indique que «le nombre d’accidents constitue un des éléments essentiels pour identifier une zone ou une section de route sur laquelle sera installé un radar». Et selon elle, «les premières études conduites avant et après l’installation des radars vitesse fixes montrent une baisse de 66 % de la mortalité à proximité des équipements. Ce critère constitue donc une donnée primordiale pour le choix des emplacements des dispositifs de contrôle automatisé.»

Pour Chantal Perrichon, «il est donc faux de dire que «les radars ne sont pas mis sur les routes accidentogènes».