Pourquoi le rassemblement pro-israélien n’a pas été interdit

MANIFESTATION Ce mercredi se déroule devant l’ambassade d’Israël le premier rassemblement pro-israélien de la capitale, avec l’aval de la Préfecture de police de Paris…

Anissa Boumediene

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Des manifestations pro-israéliens à Marseille, le 27 juillet 2014.
Des manifestations pro-israéliens à Marseille, le 27 juillet 2014. — B.HORVAT / AFP

Après celui de Marseille il y a quatre jours, ce mercredi, c’est au tour de Paris d’accueillir son premier «rassemblement unitaire des amis d’Israël». Lancé à l’appel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), il marque la «volonté des juifs français de témoigner leur soutien au peuple d’Israël», indique Gil Taïeb, vice-président de l’association.

C’est le code de la sécurité intérieure qui réglemente les manifestations et rassemblements sur la voie publique. Et pour pouvoir battre le pavé, il faut commencer par faire une déclaration au moins trois jours francs avant la date envisagée auprès de la mairie, ou à la Préfecture de police de Paris pour les rassemblements prévus dans la capitale.

Montrer patte blanche

Malgré les quelques dizaines de pro-palestiniens qui ont tenté de troubler le rassemblement dans la cité phocéenne et les violents heurts qui ont émaillé les manifestations pro-palestiniennes à Paris et Sarcelles, les autorités parisiennes ont autorisé le rassemblement. «On n’autorise pas une manifestation, mais on peut l’interdire», précise-t-on toutefois à la Préfecture de police de Paris. Pour qu’un cortège puisse avoir lieu sur la voie publique, il faut montrer patte blanche et communiquer aux autorités le tracé de la manifestation et ses horaires.

Pas de menace pour l’ordre public

Mais surtout, «le rassemblement ne doit pas risquer de troubler l’ordre public», expliquent les autorités parisiennes. Et c’est lorsque les risques sont importants qu’elles prennent un arrêté d’interdiction de la manifestation. «Dans le cas présent, nous avons été en contact avec les organisateurs, nous avons évalué les risques potentiels et nous n’avons pas estimé nécessaire d’interdire le rassemblement», précise-t-on du côté de la Préfecture de police de Paris.

Une vigilance accrue en fin de rassemblement

Les forces de l’ordre dépêchées sur place seront toutefois très attentives pour éviter tout débordement en fin de rassemblement. Et guetteront l’arrivée éventuelle de pro-palestiniens mais aussi de membres de la Ligue de défense juive (LDJ), que le ministre de l’Intérieur envisage de dissoudre. Pour prévenir tout heurt, les autorités parisiennes ont également suivi de près les échanges sur les réseaux sociaux. La controversée LDJ, qui a appelé à manifester dans le calme mais qui n’était pas attendue devant l’ambassade d’Israël par les organisateurs, a visiblement rejoint ses comparses du Betar devant le bâtiment diplomatique.

D’après les organisateurs, entre 4.000 et 5.000 manifestants pro-israéliens sont attendus.