L'amitié, ça se démontre par A+B

PSYCHO De nombreuses études scientifiques et psychologiques se sont penchées sur l’amitié…

Audrey Chauvet
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Des amis. Illustration.
Des amis. Illustration. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Il y a les friends sur les réseaux sociaux, les potes avec qui on refait le monde autour d’un verre et les amis sur qui on peut toujours compter. Comme tout sentiment, l’amitié semble difficile à poser en équation. Pourtant, les scientifiques se sont penchés sur ce qui nous lie pour en comprendre les mécanismes biologiques et psychologiques. A l’occasion de la journée internationale de l’amitié ce 30 juillet, que peut nous apprendre la science sur nos meilleurs amis?

L’amitié, une question de génétique

Selon une étude parue le 14 juillet dernier, les amis ont une petite proportion de gènes communs: en étudiant 1.932 individus, amis sans lien de parenté et personnes étrangères l’une à l’autre, les chercheurs du Framingham Heart Study ont démontré que les amis avaient 1 % de gènes communs sur la partie du génome qui varie d’un individu à l’autre. Cela paraît faible, mais pour les généticiens, il s’agit d’un chiffre «significatif» qui met les amis au même degré de ressemblance que des cousins au quatrième degré. Qui se ressemble, s’assemble, selon ces découvertes.

La grossesse est influencée par l’amitié

Plus précisément, les femmes ont plus envie de tomber enceinte lorsque leurs amies ont des enfants. Une étude publiée en mai dernier démontre que les femmes ont un désir de grossesse particulièrement fort lorsqu’une de leurs amies tombe enceinte et cette envie atteint un pic deux ans après la naissance du bébé. Ce phénomène s’expliquerait par un phénomène de comparaison entre amis, le fait que l’on apprend à leur contact à remplir ce nouveau rôle de parent et enfin l’envie de partager et de rester sur la même longueur d’ondes et dans le même rythme de vie que ses meilleures amies. Faute de pouvoir sortir en boîte toute la nuit avec sa meilleure copine, certaines femmes préféreraient se mettre à pouponner elles aussi.

L’ambiguïté de l’amitié homme-femme

L’amitié homme-femme est un peu le monstre du Loch Ness des relations amicales: pour certains, elle n’existe pas, d’autres assurent l’avoir vue… Des chercheurs de l’université du Wisconsin se sont penchés sur la question et ont interrogé des hommes et des femmes amis depuis au moins deux ans. Les questionnaires ont révélé que les hommes sont quasiment tous attirés physiquement par leurs amies, qu’ils soient célibataires ou déjà en couple. Les femmes, elles, ne seraient prêtes à franchir le pas de la relation amoureuse que lorsqu’elles sont célibataires. Dans une amitié sur trois, les deux protagonistes s’étaient déjà embrassés. Mais ils déclaraient en grande majorité que l’attirance sexuelle pour leur ami(e) était un obstacle à leur amitié. Des conclusions ambiguës pour des relations qui le sont souvent tout autant.

Les amis, des alliés pour conquérir les femelles

Des études menées sur des singes et des dauphins ont démontré que les mâles avaient tendance à s’allier pour augmenter leur pouvoir dans le groupe ou s’attirer les faveurs des femelles. Ainsi, des chercheurs de l’université de Göttingen ont démontré que les macaques d’Assam se liguaient pour agresser des individus isolés qui pourraient les menacer dans leur suprématie dans le groupe. Chez les dauphins, des chercheurs de l’université du Massachusetts ont observé que les mâles formaient des groupes de deux ou trois individus qui s’entraident pour repérer les femelles en chaleur et les tenir captives pour la reproduction.