Le lexique des amalgames les plus répandus autour du conflit israélo-palestinien

PROCHE-ORIENT « 20 Minutes » décrypte les confusions lexicales qui entourent le conflit israélo-palestinien tel qu’il est perçu en France…

A.B.

— 

Manifestation pro-palestinienne à Montpellier le 23 juillet.
Manifestation pro-palestinienne à Montpellier le 23 juillet. — F.PENNANT / AFP

Si le 14 juillet, le chef de l’Etat François Hollande appelait à ce que le conflit israélo-palestinien ne soit pas importé en France, de nombreuses manifestations propalestiniennes ont eu lieu sur le territoire et certaines ont été émaillées de violences et d’actes antisémites.

Alors que la France connaît un regain de tensions qui cible la communauté juive et l’islam, 20 Minutes fait la lumière sur des notions qui fusent dans les débats et sont parfois confondues avec d’autres.

Racisme/antisémitisme

Les juifs de France ressentent une montée de l’antisémitisme, mais est-ce différent du racisme? Le racisme, c’est une idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains, entre les «races», qui se traduit par une attitude hostile à leur égard. Noirs, Maghrébins, asiatiques, hispaniques ou racisme anti-blancs, toutes les origines sont ciblées par le racisme.

L’antisémitisme est une forme du racisme, mais il est dirigé exclusivement contre les juifs, visés en raison de leur appartenance religieuse. Il est le parallèle de l’islamophobie.

Antisionisme/anti-israélisme

La notion d’antisionisme traduit l’opposition au principe même d’un Etat israélien. Mais si l’un des «ambassadeurs» de l’antisionisme en France n’est autre que l’humoriste Dieudonné, de nombreux juifs se déclarent antisionistes et opposés à l’existence de l’Etat israélien.

Le mouvement anti-israéliste, lui, n’est pas fondamentalement opposé à l’existence d’un Etat hébreu. Il se divise en deux branches. La première conteste l’installation d’Israël sur des terres arabes. Un courant proche des antisionistes, mais qui reconnaît implicitement l’existence de la nation israélienne. La seconde branche est née d’une critique de l’attitude du pouvoir israélien à l’égard des Palestiniens et reproche à Israël d’ignorer les résolutions de l’ONU qui lui demandent de revenir aux frontières de 1967.

Au cours des manifestations propalestiniennes, de nombreuses personnes ont pris part au cortège pour dénoncer les violences faites aux Gazaouis, à l’instar des membres du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) ou encore la sénatrice EELV Esther Benbassa, de confession juive, qui a manifesté dans les rues de Paris ce mercredi.

Pro-Ham​as/propalestinien

Les propalestiniens prennent parti pour la Palestine dans le conflit qui l’oppose à Israël et dénoncent les colonies juives hors des frontières de l’Etat hébreu et les violences faites au peuple de Palestine.

En France, les propalestiniens ont organisé des manifestations en soutien au peuple de Gaza. Si la plupart des cortèges ont défilé dans le calme, des manifestations organisées à Paris ou encore à Sarcelles ont dégénéré et ont été émaillées de heurts et de violences à l’encontre de synagogues.

Le Hamas est un mouvement islamiste composé d’une branche politique, qui dirige Gaza depuis 2007, et d’une branche militaire armée, qui mène les combats à l’intérieur de la bande de Gaza, d’où ses membres tirent des roquettes visant le territoire hébreu. Les pro-Hamas sont donc plus radicaux que les propalestiniens, et n’hésitent pas à prôner l’usage de la violence.

Musulman/islamiste

C’est un amalgame qui revient souvent, mais un musulman n’est pas un islamiste. Le premier est un adepte de l’islam, qu’il a choisi pour religion et dont il observe les préceptes.

Un islamiste, lui, est partisan d’une politique qui pense la société selon les règles islamiques. Dans une acception la plus généralisée, l’islamisme peut prôner l’instauration de la charia et l’unité du monde musulman.