Manifestations propalestiniennes à Paris: Qui sont les différents organisateurs?

SOCIETE Alors qu'une manifestation, fortement encadrée, a lieu ce mercredi soir et qu'une autre pourrait se tenir samedi...

E.O.

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Manifestation de soutien au peuple peuple palestinien à Paris, le 19 juillet 2014.
Manifestation de soutien au peuple peuple palestinien à Paris, le 19 juillet 2014. — SLOMKA MICHEL/SIPA

20 Minutes fait le point sur ceux qui organisent les manifestations, autorisées ou interdites, à Paris en soutien au peuple palestinien.

La manifestation de ce mercredi

La manifestation de ce mercredi à Paris, qui va à partir de 18h30 de Denfert-Rochereau aux Invalides est organisée par le «Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israélien». Ce dernier, indique la plateforme des ONG françaises pour la Palestine, rassemble «une cinquantaine d’organisations membres sur une base informelle». Dans ce groupement, on trouve des associations (Ligue des droits de l’homme, MRAP, association France Palestine Solidarité…), des syndicats (CGT, FSU, Unef…), des partis politiques (EELV, Parti de gauche, PCF, NPA…). Plusieurs députés socialistes, Pascal Cherki, Yann Galut, Alexis Bachelay, ont aussi prévu d’y participer, malgré les conseils de leur président de groupe.

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Le défilé a été autorisé car il est «organisé par des forces qui, la semaine dernière, ont organisé une manifestation qui s’est bien passée», a justifié le ministre de l’Intérieur ce mercredi. Une semaine plus tôt, un rassemblement de 900 personnes s’était en effet déroulé sans incident, place des Invalides. Les organisateurs sont décrits par Bernard Cazeneuve comme «responsables» et voulant «une manifestation pacifique». Les services d’ordre de la CGT, du NPA, du Parti de gauche et du PCF, aguerris à cette tâche, vont être mobilisés pour faire en sorte que tout se déroule au mieux. Plus de 1.000 policiers en tenue et en civil vont également encadrer le cortège.

La manifestation de samedi

Les organisateurs sont au nombre de quatre - NPA, Union juive française pour la paix, Parti des indigènes de la République (PIR) et Mouvement des jeunes Palestiniens (PYM-France) - qui participent aussi la manifestation de ce merdredi. Le 19 juillet dernier, leur manifestation a été interdite, la préfecture de police leur reprochant en particulier un manque de service d’ordre. Les autorités voulaient aussi éviter que ne se reproduisent les heurts survenus le 13 juillet aux abords de la synagogue de la rue de la Roquette. «La réalité, c’est que personne ne s’attendait à ce qu’il y ait autant de monde dans les rues ce jour-là», expliquait lundi à 20 Minutes l’avocat des organisateurs, Me Hosni Maati. Ce dimanche-là, entre 7.000 et 30.000 personnes ont défilé et c’est après la manifestation que des violences sont survenues, opposant des membres de la Ligue de défense juive (LDJ), une émanation en France de la Jewish Defense League, qualifiée de «groupe terroriste» par le FBI en 2001 et interdite dans plusieurs pays, et des militants propalestiniens. Les organisateurs attendent encore de savoir si leur manifestation de samedi sera autorisée. «Depuis le début, mes clients veulent assurer la sécurité des rassemblements, ne pas accepter les débordements et encore moins les propos antisémites», soulignait lundi l’avocat.

Quid des «casseurs» et des personnes condamnées?

Ils ont un profil très varié. Après les heurts de Paris, trois personnes ont été condamnées à des peines de prison avec sursis, mais le parquet a fait appel, ce que l’avocat d’une d’entre elles a jugé «hallucinant». «Il n’y a pas de problème de justice laxiste, le problème c’est que la police n’arrête pas les bonnes personnes. Ils arrêtent ceux qui courent le moins vite», a-t-il indiqué. Après les heurts de la rue de la Roquette, le 13 juillet, 12 personnes ont été interpellées.

Mais le ministre de l’Intérieur n’a évoqué que ce mercredi le cas de la Ligue de défense juive (LDJ), un groupe de jeunes radicaux accusé de «provocation» par des manifestants propalestiniens. Bernard Cazeneuve a parlé «d’actes qui peuvent être répréhensibles et qui doivent être condamnés». Ils «le sont par moi de façon extrêmement ferme», a-t-il ajouté. Le déroulement des événements du 13 juillet reste flou, et deux versions continuent de s’opposer. Le Parti de gauche a demandé mardi une commission d’enquête pour savoir ce qu’il s’était exactement passé.