Sécurité des plages: Les CRS sur le pont pour conserver leurs missions de police le long des côtes

REPORTAGE A Trouville, ils sont confrontés aux incivilités ordinaires des Franciliens en vacances…

William Molinié

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A Trouville-sur-Mer, trois CRS sécurisent la plage du 1er juillet au 31 août 2014.
A Trouville-sur-Mer, trois CRS sécurisent la plage du 1er juillet au 31 août 2014. — William Molinié / 20 Minutes

De notre envoyé spécial à Trouville-sur-Mer (Calvados),

Trois notes de musique puis une voix résonne dans le haut-parleur: «Les chiens sont interdits sur la plage. Merci de regagner les planches!». A peine le message entendu, le propriétaire de ce terrier, qui s’est aventuré à marée descendante sur le banc de sable, remonte avec son animal vers le haut de la plage, s’excusant d’un geste de la main en direction des CRS.

A Trouville-sur-Mer (Calvados), en plus des sept sauveteurs civils, trois CRS sécurisent la large zone de baignade de la plage principale du 1er juillet au 31 août. Une mission particulière pour ces policiers, dont le grand public est plutôt habitué à voir manier le bâton lors des manifestations qu’à sauver des vies de la noyade. Tout le long du littoral, cet été, plus de 400 CRS seront déployés sur les plages. Il y a une dizaine d’années, ils étaient plus de 700.

Les CRS ont à disposition un jet, un quad et un centre de secours avancé. [W.M./20 Minutes]

Appliquer les arrêtés

La première mission de ces policiers en tongs, maillot de bain et t-shirt, est la sécurisation des plages et l’application des arrêtés préfectoraux et municipaux. «Interdiction de consommer de l’alcool, de promener son chien, de faire du vélo sur les planches, d’allumer un poste de radio…», énumère Jean-Pierre Auger, élu au conseil municipal de Trouville, délégué à la plage et aux sports.

Natif de la ville balnéaire, il est un fervent défenseur de la présence de CRS sur le littoral. «Ce n’est pas un sauveteur, avec son simple maillot rouge, qui va régler un conflit entre deux individus ou mettre un terme à une bagarre», assure-t-il.

Jean-Pierre Auger, adjoint à la plage de Trouville [W.M./20 Minutes]

Vols des effets personnels

Car au cours de l’été, jusqu’à 15.000 baigneurs peuvent affluer en un seul week-end ensoleillé. Principalement des groupes de vacances, des colonies ou des centres aérés de la région parisienne. Mais aussi des familles, des plaisanciers et résidents. «Il faut faire en sorte que tout le monde se sente à l’aise sans se gêner mutuellement», explique le chef de plage des CRS.

Parmi les actes de délinquance les plus courants figurent les vols de téléphone portable, de sacs ou d’effets personnels lorsque les plagistes partent se baigner à la mer, laissant leur serviette sans surveillance. «On signale et surveille discrètement aussi les individus louches qui regardent de trop près les enfants», ajoute un policier.

Les planches de Trouville [W.M./20 Minutes]

Garantir une présence policière

Des missions diverses qui sont chaque année remises en cause. «On est obligé de renégocier tous les ans, vers mars/avril, les affectations avec l’administration», regrette Thierry Launois, secrétaire national CRS au syndicat Unsa Police. Ce dernier souhaiterait pouvoir établir des contrats de trois à cinq ans pour garantir, au moins sur cette période, une présence policière. «Tout le monde a droit à la sécurité en vacances», ajoute son collègue syndicaliste, Christophe Crépin.

Afin de convaincre le ministère de l’Intérieur, les responsables de l’organisation syndicale vont, tout l’été, faire le tour des plages à la rencontre des élus pour s’assurer de leur soutien. A Trouville, il est gagné d’avance. «Il y a encore quelques années, ils étaient six CRS. Aujourd’hui, on n’en a plus que trois. C’est hors de question qu’il y en ait moins», prévient Jean-Pierre Auger. Pourtant, la spécialisation des missions et l’augmentation des effectifs de sécurité publique ne sont pas vraiment dans les objectifs planifiés du ministère de l'Intérieur.