Mistral russes à Saint-Nazaire: Les syndicats de STX pensent mener le chantier à terme

NAVIRES François Hollande a indiqué lundi que le premier bateau serait livré mais que le second «dépendra de l’attitude» de Moscou dans le conflit ukrainien…

20 Minutes avec AFP

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Le Vladivostok, un bâtiment de type Mistral commandé par la Russie aux chantiers navals STX de Saint-Nazaire, le 23 juin 2014
Le Vladivostok, un bâtiment de type Mistral commandé par la Russie aux chantiers navals STX de Saint-Nazaire, le 23 juin 2014 — Jean-Sébastien Evrard AFP

Les syndicats du chantier naval STX de Saint-Nazaire qui construit deux navires militaires Mistral pour la Russie, estiment que le chantier ira à son terme, même si la pression monte sur la France pour renoncer à cette vente sur fond de conflit ukrainien.

«On ne peut qu'espérer que la situation va s'apaiser en Ukraine et qu'on pourra sortir par le haut. Nous faisons le boulot normalement. Après, à qui on livrera, les mois à venir le diront», estime Christophe Morel, élu CFDT, deuxième syndicat du site, alors que les Européens débattent ce mardi d'un renforcement des sanctions contre Moscou.

Le premier doit être livré en octobre

«Nous ne sommes pas alarmistes sur la production proprement dite. Mais l'État devra prendre ses responsabilités», souligne pour sa part Joël Cadoret, secrétaire de la CGT, premier syndicat du site.

Lundi, François Hollande a affirmé que la livraison du Vladivostok aurait bien lieu, en soulignant que la Russie avait «payé». Mais il a affirmé que la livraison du Sébastopol, le second navire, «dépendra de l'attitude» de Moscou dans le conflit ukrainien.

Le premier des deux bâtiments de projection et de commandement (BPC), le Vladivostok, est achevé et doit être livré en octobre. Quatre cents marins russes sont arrivés le 30 juin à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) pour se former à son maniement jusqu'en octobre.

Une «technicité propre aux Russes»

Le second navire est réalisé à plus de 50% et doit être livré en octobre 2015. Les clients potentiels pour ce second navire ne seraient cependant pas légion, reconnaissent les syndicats.

«L'Otan et l'Europe ont déjà clairement dit qu'ils ne paieraient pas, la Marine française est déjà pourvue et n'a pas les moyens. En outre, ces bateaux ont une technicité propre aux Russes, comme la fonction brise-glace», souligne Nathalie Durand (FO).

Or «il faut que ce deuxième BPC se fasse pour maintenir la charge de travail, sinon plus de 300 salariés risquent à nouveau le chômage partiel», estime la syndicaliste, rappelant que cette commande, conclue en 2011, avait alors représenté «une bouffée d'oxygène pour le chantier».