Violences antisémites: Selon Valls, «une minorité de forces radicales profitent de la situation»

POLITIQUE Selon le Premier ministre, ces groupes «utilisent ces manifestations pour alimenter le désordre»…

M.P. avec AFP

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Le Premier ministre, Manuel Valls, le 20 juillet 2014 à Paris
Le Premier ministre, Manuel Valls, le 20 juillet 2014 à Paris — François Guillot AFP

Manuel Valls a dénoncé le rôle de «forces radicales», de «groupes extrémistes» après les manifestations propalestiniennes de ce week-end qui ont dégénéré en actes ou violences antisémites à Paris et à Sarcelles (Val-d'Oise), dans un entretien publié mardi par Le Parisien.

>> Lire par ici le reportage à Sarcelles (Val d'Oise)

«Il y a une minorité de forces radicales qui profitent de la situation», a dit le Premier ministre en ajoutant qu'il y avait «des réseaux, des groupes extrémistes qui en profitent pour surfer sur l'antisémitisme et la haine».

Ces groupes, dont il n'a pas précisé la nature, «utilisent ces manifestations pour alimenter le désordre», a-t-il estimé tout en assurant que «la grande majorité des manifestants défile pour des motifs légitimes: l'indignation face aux atrocités de la guerre».

«Mesurer le sens des mots»

Le Premier ministre a aussi justifié à nouveau les interdictions des manifestations de Paris samedi et de Sarcelles dimanche, «c'est la violence, avec des slogans, des actes dont le caractère antisémite ne fait aucun doute, qui a justifié l'interdiction. Ce n'est pas l'interdiction qui a provoqué la violence», a-t-il souligné.

Interrogé sur la déclaration du président du Crif Roger Cuckierman, qui a parlé de «risque de pogroms», Manuel Valls a répondu:  il y a une très grande inquiétude chez les juifs de France. L'assassinat d'Ilan Halimi, les attentats de Toulouse et de Montauban, celui du Musée juif de Bruxelles sont des blessures profondes qui nous concernent tous. Mais j'invite chacun à bien mesurer le sens des mots.»

Le Premier ministre a également défendu François Hollande, accusé, notamment sur sa gauche, d'une forme de partialité envers les Israéliens. «Cette critique est profondément injuste, a rétorqué Manuel Valls. La position de la France, portée avec sagesse par le président de la République, est équilibrée. Israël a le droit à sa sécurité dans des frontières sûres et reconnues et les Palestiniens ont le droit de vivre dans un Etat libre et viable. La population civile palestinienne, femmes, enfants, vit l'horreur. Je n'oublie pas la population israélienne qui vit dans la peur des tirs de roquettes. Tout cela doit cesser. La France demande depuis le début un cessez-le-feu immédiat.»

Le parcours sécurisé cette fois-ci

Manuel Valls a justifié l'autorisation de la manifestation propalestinienne de mercredi. «Le parcours a été discuté et des gages de sécurité ont été donnés par les organisateurs de cette manifestation, plus responsable cette fois-ci», a-t-il expliqué.

Le Premier ministre, ancien ministre de l'Intérieur, s'est dit d'autre part «indigné par la critique systématique du travail des policiers avant même de condamner les comportements violents». «J'en appelle à la responsabilité de tous», a-t-il lancé. «J'invite les organisateurs de manifestations, les responsables politiques de tout bord, les associations à dépasser les clivages partisans», a-t-il conclu.