Manifestation pro-palestinienne interdite: Prison avec sursis pour les trois premiers prévenus

JUSTICE Un ingénieur de 33 ans a écopé de la peine la plus lourde: 10 mois de prison avec sursis...

20 Minutes avec AFP

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Des manifestants contre l'offensive israélienne à Gaza dans le quartier de Barbès-Rochechouart à Paris affrontent les forces de l'ordre le 19 juillet 2014
Des manifestants contre l'offensive israélienne à Gaza dans le quartier de Barbès-Rochechouart à Paris affrontent les forces de l'ordre le 19 juillet 2014 — Jacques Demarthon AFP

Trois peines de prison avec sursis et une relaxe ont été prononcées lundi soir par le tribunal correctionnel de Paris lors du premier procès en lien avec la manifestation pro-palestinienne interdite samedi dans la capitale, théâtre de violents débordements.

10 mois avec sursis pour un ingénieur de 33 ans

La peine la plus lourde, 10 mois avec sursis, a été prononcée contre un ingénieur de 33 ans, reconnu coupable de rébellion et de participation à un attroupement malgré les sommations de se disperser. L’homme, un père de famille au casier judiciaire vierge, qui comparaissait vêtu d’une veste de costume beige, a été qualifié de «meneur» par le procureur de la République, qui avait requis six mois de prison ferme et un mandat de dépôt. La chambre 23-2 du tribunal correctionnel a prononcé la non-inscription de sa condamnation au casier judiciaire.

Quatre et six mois de prisons avec sursis pour deux autres manifestants

Un autre homme, informaticien de 33 ans et père de trois enfants, a écopé de 4 mois de prison avec sursis pour les mêmes délits ainsi que celui de dissimulation de son visage lors de la manifestation. Il a également été condamné à verser 1.150 euros à un policier, blessé à la suite de son interpellation. Le procureur avait requis quatre mois de prison ferme, avec mandat de dépôt, à son encontre.

Devant la chambre 23-1 du tribunal correctionnel, une femme de 31 ans résidant à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) a été condamnée à six mois de prison avec sursis et 105 heures de travaux d’intérêt général, notamment pour violences sur les forces de l’ordre, en l’occurrence un jet de bombe lacrymogène qui n’a pas blessé de policier.

Lors de l’audience, cette femme sans emploi et déjà condamnée notamment pour violences, outrage et rébellion, a assuré n’avoir eu que le «réflexe» de lancer cette bombe le plus loin possible d’elle car la fumée l’asphyxiait. Une version étonnante aux yeux du président du tribunal, qui lui a demandé pourquoi elle n’avait pas tiré un coup de pied dans l’objet fumant plutôt que de le saisir dans ses mains. Le procureur avait requis quatre mois ferme, estimant que la peine devait revêtir un «caractère d’exemplarité» et que le jugement allait «donner un signal ou pas de découragement» à ceux qui voudraient se rendre à d’autres manifestations éventuellement interdites.

Enfin, un prévenu, arrêté place de la Bastille alors que la manifestation avait lieu à Barbès, dans un autre quartier de la capitale, a été relaxé des faits de rébellion.

Sept autres personnes jugées ce mardi

Sept autres personnes placées en garde à vue devaient être jugées mardi, toujours en comparution immédiate, pour des violences à l’encontre des forces de l’ordre lors de cette manifestation.