Mailly: Gattaz se situe «entre thatchérisme et poujadisme»

SOCIAL Le secrétaire général de FO a réagi aux propos du patron des patrons…

20 Minutes avec AFP

— 

Le secrétaire général de Force Ouvrière Jean-Claude Mailly à son arrivée pour la Conférence sociale au Palais d'Iéna à Paris, le 7 juillet 2014
Le secrétaire général de Force Ouvrière Jean-Claude Mailly à son arrivée pour la Conférence sociale au Palais d'Iéna à Paris, le 7 juillet 2014 — Benoit Tessier Pool

Le président du Medef Pierre Gattaz se situe «entre thatchérisme et poujadisme», a estimé lundi le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly, réagissant à une interview du patron des patrons dans Le Figaro.

Pierre Gattaz y déclare que «la situation économique du pays est catastrophique», que «la croissance n'est pas là» et que «le pacte seul ne suffira pas à redresser la France».

Un «pacte de responsabilité/austérité»

«Le zig et le zag de monsieur Gattaz se situe entre thatchérisme et poujadisme», écrit dans un communiqué Mailly, pour qui les propos du président du Medef «relèvent de la posture et du dogme libéral qui frisent l'aveuglement».

Le leader de Force ouvrière reproche à Pierre Gattaz de pointer du doigt le manque de croissance tout en approuvant un «pacte de responsabilité/austérité» qui, selon Mailly, a un «effet récessif».

«On ne gère pas la République et la démocratie comme une société anonyme.»

Le pacte de responsabilité prévoit 40 milliards d'euros d'allègements du coût du travail pour les entreprises en échange de négociations dans les branches professionnelles sur l'emploi, la formation et l'investissement. Il est financé par un plan d'économies de 50 milliards d'euros.

Dans le Figaro, Pierre Gattaz souhaite aussi «regarder le sujet des seuils sociaux, parler de l'interdiction du travail le dimanche et après 21 heures» et «discuter» du «niveau du Smic» avec les partenaires sociaux.

«Il y a une chose qui effectivement ne change pas: la confrontation des intérêts», réagit Jean-Claude Mailly.

«C'est d'ailleurs la raison pour laquelle monsieur Gattaz privilégie la négociation d'entreprise à la négociation nationale caractéristique du modèle républicain», poursuit le syndicaliste, avant de conclure: «On ne gère pas la République et la démocratie comme une société anonyme.»