Sarcelles: Des heurts et des dégradations après un rassemblement pro-Gaza interdit

VIOLENCES C'est lors de la dispersion du rassemblement que des heurts ont commencé...

E.O. avec AFP

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Des échauffourées à la fin d'un rassemblement pro-palestinien à Sarcelles, le 20 juillet 2014.
Des échauffourées à la fin d'un rassemblement pro-palestinien à Sarcelles, le 20 juillet 2014. — JACQUES DEMARTHON / AFP

Des commerces ont été pillés ce dimanche en fin d'après-midi à Sarcelles (Val-d'Oise) et des policiers ont tiré des balles en caoutchouc en direction des casseurs.

Les violences et dégradations font suite à un rassemblement pro-palestinien interdit par les autorités, mais qui avait tout de même réuni plusieurs centaines de personnes vers 15h.

13 personnes interpellées

Des dizaines de jeunes manifestants, aux visages masqués pour certains, ont d'abord cassé la vitrine d'une boutique de téléphonie et lancé des pierres en direction des policiers, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes. Des pilleurs ont ensuite saccagé un magasin de pompes funèbres, détruisant sa vitrine, dans une rue perpendiculaire à l'avenue Paul-Valéry, épicentre des violences en marge de la manifestation. Plusieurs jeunes, rassemblés dans cette rue, scandaient «Israël on t'encule!».

Un peu plus loin, des casseurs ont attaqué une pharmacie, qui a pris feu. Des jeunes filles ont saisi à l'intérieur du lait pour bébé. «On va chercher la caisse!» a lancé un casseur, la voix couverte par le bruit d'un hélicoptère de la police, qui tournoyait au-dessus de la ville, et par l'alarme d'une pizzéria dont la devanture avait été brisée.

C'est alors que des policiers ont tiré en direction des casseurs avec des balles en caoutchouc.Treize personnes ont été interpellées, a indiqué une source policière. Le calme semblait revenu en début de soirée.

Au moins deux voitures incendiées

Avant le rassemblement, plusieurs manifestants, entourés d'un dispositif policier important, avaient pris la parole sur un parvis situé derrière la gare pour dénoncer l'interdiction de manifester, mais avaient incité au calme, disant vouloir «éviter la casse». C'est lors de la dispersion, qui a rapidement suivi la rassemblement, qu'une partie des jeunes manifestants se sont engouffrés dans la ville, vers des positions de CRS, renversant des poubelles et allumant pétards et fumigènes.

Près de la mairie, au moins deux voitures ont été incendiées et de très nombreux véhicules ont eu leurs vitres cassées. Une cabine téléphonique a été détruite, répandant par terre de nombreux bris de glace et des poubelles ont également été incendiées.

Un journaliste de Libération présent sur les lieux a posté cette photo:

Une journaliste de l'AFP a quant à elle montré un feu, devant un hôpital privé de la ville:

(Thibault Camus/AP/SIPA)

Des journalistes pris à partie

Plus loin, l'accès à la synagogue de Sarcelles était entièrement bouclé, des cars de CRS barrant l'avenue. Devant son entrée, une trentaine de jeunes y étaient armés de matraques et barres de fer, l'un d'entre eux agitant un drapeau israélien. L'ambiance s'est tendue dans ce quartier, avec des attroupements et de nombreuses personnes aux fenêtres. Quelques dizaines de manifestants ont crié «Israël assassin!» près du barrage policier sur l'avenue, des dizaines d'autres leur ont répondu «Palestine on t'encule» de l'autre côté.

Plusieurs journalistes ont été pris à partie par les manifestants. Un caméraman de télévision a été dépouillé de son matériel et un photographe de l'AFP a été agressé et légèrement blessé.

Un défilé pro-palestinien ainsi qu'un rassemblement pro-israélien organisé par la Ligue de défense juive (LDJ) avaient été prévus au même endroit, la gare RER, et à la même heure, incitant la mairie et la préfecture à interdire les deux. «Le risque avéré de trouble à l'ordre public que pourrait représenter cette manifestation, ainsi que les réactions qu'elle pourrait engendrer, m'ont encouragé, conformément aux directives du ministre de l'Intérieur, à interdire tout rassemblement dimanche en lien avec le conflit au Proche-Orient», avait écrit vendredi le maire PS, François Pupponi, dans un communiqué.