Bygmalion en liquidation judiciaire: L'affaire encore loin d'être close pour l'UMP

POLITIQUE La société au cœur du scandale à l’UMP a été placée en liquidation judiciaire, selon «Valeurs Actuelles»…

Anne-Laëtitia Béraud
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Le siège de Bygmalion le 4 juin 2014 à Paris
Le siège de Bygmalion le 4 juin 2014 à Paris — Thomas Samson AFP

Nouvel épisode pour Bygmalion, au cœur du scandale qui touche l’UMP. Selon l’hebdomadaire Valeurs Actuelles ce vendredi, cette société fondée par Bastien Millot, ami de Jean-François Copé, et Guy Alvès, a été placée en liquidation judiciaire. L’entreprise de communication est au cœur de la tourmente depuis la révélation de surfacturations puis de fausses factures touchant l’UMP.

>> Qui est Bastien Millot? Son portrait ici

Que devient aujourd’hui la société Bygmalion?

Valeurs Actuelles affirme que la société a été placée en liquidation judiciaire le 17 juillet. L’hebdomadaire cite une source interne au tribunal de commerce de Paris, puis la confirmation de cette information par une source interne chez Bygmalion.

Qu’est-ce que cela change pour Bygmalion?

«Ce nouvel épisode va entraîner la nomination d’un liquidateur judiciaire qui aura accès à la totalité de la trésorerie, des contrats et des factures de la société depuis l’origine», explique l’hebdomadaire.

Pourquoi Bygmalion est-il au cœur du scandale à l’UMP?

Tant cette société que Jérôme Lavrilleux, directeur adjoint de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, ont reconnu un système de fausses factures et de double comptabilité. Pour sa défense, la société rétorque avoir, à la demande de l’UMP, surfacturé des prestations pour masquer des dépassements de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012. Les fausses factures atteindraient 10 à 11 millions d’euros selon Bygmalion. L’UMP traverse une crise financière aigüe. Les résultats d’un audit financier publiés le 8 juillet ont révélé que la dette du parti totalisait les 74,5 millions d’euros.

Que répond Nicolas Sarkozy?

Lors de son interview télévisée diffusée le 2 juillet, Nicolas Sarkozy a affirmé qu’il n’y avait «jamais eu le moindre système de double facturation» par Bygmalion dans sa campagne présidentielle de 2012. «Il ne s’agit pas de ma campagne. En ce qui concerne ma campagne, je le dis à tous ceux qui m’ont soutenu, il n’y a jamais eu le moindre système de double facturation. Que les 17 millions [d’euros] qu’on prétend dépendre de ma campagne [et] qui auraient été cachés, c’est une folie. Personne ne peut imaginer que les enquêteurs du Conseil constitutionnel ou de la commission des comptes de campagne soient passés au travers», a-t-il déclaré à TF1 et Europe 1.

Où en est la justice?

Le Parquet de Paris, chargé de l’enquête préliminaire concernant l’affaire Bygmalion, a ouvert le 27 juin une information judiciaire contre X pour «faux et usage de faux», «abus de confiance», «tentative d’escroquerie» et «complicité et recel de ces délits». Les juges vont se pencher sur les factures réglées par l’UMP à la filiale Event & cie de Bygmalion. Et découvrir si cette affaire, qui portait au départ sur des surfacturations au détriment de l’UMP, n’est pas celle des comptes de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012.

Quelle est l’ambiance à l’UMP aujourd’hui?

Selon l’ancien ministre UMP Eric Woerth, «il faut repartir sur le fond, laisser la justice régler l’affaire Bygmalion, probablement couper un certain nombre de dépenses, restructurer financièrement le parti, remettre de la morale et de l’intégrité… changer un peu tout», a-t-il déclaré le 11 juillet sur iTélé.