«Etre scout, ça permet de montrer qui on est»

JEUNES Un groupe de scouts s'est implanté à Saint-Fons (Rhône-Alpes), au sein d'un quartier sensible. Témoignages de nouveaux scouts et de leurs parents...

Delphine Bancaud
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Louveteaux et jeannettes lors d'un jeu.
Louveteaux et jeannettes lors d'un jeu. — Scouts et Guides de France

Le scoutisme s’ouvre de plus en plus aux jeunes des banlieues. La preuve avec Nezar, 24 ans, habitant d’un quartier sensible à Saint-Fons (Rhône-Alpes). Il croyait que le scoutisme était l’apanage des catholiques.

«En tant que musulman, je ne me sentais pas concerné», raconte-t-il. Mais un jour, au bas de son immeuble, il rencontre des chefs louveteaux qui organisent des jeux de stratégie et des courses. Après avoir parlé avec eux, il se rend compte que le mouvement «est ouvert à tout le monde» et participe bien volontiers aux activités. De fil en aiguille, Nezar est conquis.

«J’aime bien les valeurs de respect»

En avril dernier, il décide donc de devenir chef louveteaux-jeannettesl. «Depuis j’ai participé à quatre camps en banlieue lyonnaise et j’ai beaucoup aimé organiser des jeux sportifs ou stratégiques pour les petits, sans parler des veillées», raconte-t-il, en s’apprêtant à renouveler l’expérience au mois d’août. Grâce à ces premières expériences, Nezar est aussi en train de passer le Bafa.

«C’est un échange de bons procédés: j’encadre bénévolement des enfants, mais je vais acquérir des compétences qui me serviront professionnellement». L’aventure lui a aussi permis de mieux se connaître: «Etre scout, ça permet de montrer qui on est». Quant au fait que le mouvement soit catholique, cela ne le dérange pas. «Lors des temps de prières collectifs, je prie pour mon dieu», précise-t-il. Séduit par sa nouvelle mission, Nezar espère rester scout au moins trois ans: «j’aime bien les valeurs de respect, de partage et de politesse qu’on nous transmet», conclut-il.

Ryan est devenu plus autonome

Même enthousiasme chez Amira, la mère de Youcef, 8 ans. «Mon fils est scout depuis un an. Il est parti en camp quatre jours l’été dernier et participe régulièrement aux jeux de groupe pendant l’année», raconte-t-elle. «J’ai bien aimé faire du feu, monter ma tente et faire la cuisine», confirme Youcef. Pour rassurer sa mère, des chefs louveteaux sont souvent passés chez elle afin de lui expliquer le programme des activités. «J’ai confiance en eux et je sais qu’ils ne vont pas essayer de convertir Youcef», explique-t-elle. Samira apprécie aussi que les activités proposées soient peu chères, «pour un camp le week-end, il faut compter 10 euros et deux tickets de bus», raconte-t-elle. «Youcef va continuer l’année prochaine», assure-t-elle.

Pour Ryan, 10 ans, pas question non plus d’arrêter le scoutisme, bien au contraire: «Il a déjà participé à plusieurs camps et repart en août», confie Mélissa, sa mère. «Avec le scoutisme, Ryan se sent utile; Il a appris à monter une tente, faire un feu de camp, cuisiner… Et il est ravi de retrouver ses copains. Avec eux, il apprend à partager et il est devenu plus autonome», constate-t-elle. Elevant seule son petit garçon, elle apprécie aussi le coût modique des activités: «Cet été, il part une semaine pour 15 euros. Et si certains mois j’ai du mal à payer un camp de week-end, on s’arrange toujours et je paye le mois suivant», explique-t-elle. Car il n’est pas question de priver Ryan d’une nouvelle aventure!

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