Le scoutisme fait de plus en plus d'adeptes dans les banlieues

JEUNESSE Les Scouts et guides de France comptent désormais une cinquantaine de groupes dans les quartiers sensibles...

Delphine Bancaud
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Un groupe de scouts en 2012
Un groupe de scouts en 2012 — Scouts et guides de France

Des enfants en uniforme coloré à la sortie d’une église des beaux quartiers. Telle est l’image qui vient à l’esprit lorsqu’on évoque les scouts… mais qui ne reflète pas la diversité actuelle des 150.000 adhérents aux différents mouvements du scoutisme*.

Ainsi, au sein des Scouts et guides de France (qui regroupent à eux seuls 71.000 adhérents), le profil des scouts a bien évolué ces dernières années. «Le scoutisme est de moins en moins l’apanage d’un milieu social et l’on veut désormais toucher l’ensemble des enfants français», explique Antoine Dulin, délégué national du mouvement.

50 groupes dans des banlieues populaires

Pour accompagner ce désir d’ouverture, l’association n’hésite plus depuis quelques années à aller à la rencontre des jeunes dans les banlieues populaires. Des chefs louveteaux et jeannettes organisent ainsi des jeux au pied de certaines cités pour toucher les jeunes des quartiers. Une manière d’instaurer la confiance en douceur, tant auprès des enfants que de leurs parents, avant de les faire adhérer au mouvement. La stratégie semble payante car «50 groupes de scouts sont désormais ouverts dans les banlieues populaires. Et les adhésions sur toute la France augmentent de 2% chaque année», précise Antoine Dulin.

Le mouvement est désormais bien implanté en Seine-Saint-Denis, comme à Trappes, Sartrouville, Saint-Denis, le Blanc-Mesnil, Saint-Fons (Rhône-Alpes)… «Mais ces groupes comprennent souvent peu de membres», tient cependant à tempérer Héloïse Duché, doctorante en sciences de l’éducation.

Des loisirs à bas coût

La croissance du scoutisme dans les banlieues s’explique par la crise. Car à l’heure où les familles se serrent la ceinture, le scoutisme représente une alternative intéressante aux activités périscolaires. Et ce, en raison du coût modique des différentes activités: «La cotisation annuelle varie entre 20 et 120 euros en fonction des revenus des parents et un camp d’une semaine est facturé entre 70 et 100 euros», indique Antoine Dulin. Pendant l’année, les enfants peuvent participer à des jeux, des sorties, des actions caritatives… Et l’été à des camps où les plus grands peuvent contribuer à la rénovation d’un château, venir en appui à une association de sans-abri, partir en randonnée, préparer une comédie musicale… Les plus petits vont quant à eux davantage apprendre par le jeu et s’initier à la vie dans la nature.

«Une école de la débrouillardise qui permet aux enfants de se brasser et de vivre en sobriété», résume Antoine Dulin. «Et le fait que les enfants soient cadrés et qu’on leur transmette des "valeurs ancestrales" rassure les parents», souligne Héloïse Duché. Des repères qui semblent autant appréciés dans les milieux les plus aisés que les plus défavorisés.

Pour les nouveaux adhérents, le fait que les Scouts et guides de France soit un mouvement catholique ne semble pas poser problème. «Nous accueillons tous les enfants, croyants ou non, en recherche spirituelle, ayant une autre religion… A Neuhof près de Strasbourg (Bas-Rhin), ce sont d’ailleurs deux pères musulmans qui ont monté un groupe», informe Antoine Dulin, soucieux de s’éloigner d’une image prosélyte du mouvement. Dans certains camps, les temps de prière sont donc davantage présentés comme des temps spirituels où chacun peut exprimer ses croyances, quelles qu’elles soient. Et des menus sans porc sont également prévus si besoin est. «C’est bien la preuve que nous respectons les choix de chacun», insiste Antoine Dulin.

>> A lire aussi les témoignages de nouveaux adhérents au scoutisme à Saint-Fons (Rhône-Alpes).

 

Les différents mouvements

La Fédération du scoutisme français regroupent les Scouts et guides de France (catholiques), mais aussi les Eclaireurs et éclaireuses (laïques, israélites ou protestants) et les Scouts musulmans.