Le chef d’Etat-major des armées et le blues de l’austérité

ARMEES Ce très haut gradé estime qu’en matière de Défense, «on ne peut plus faire mieux avec moins»…

20 Minutes avec AFP

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Le général Pierre de Villiers a été nommé mercredi en Conseil des ministres chef d'état-major des armées françaises (CEMA), en remplacement de l'amiral Edouard Guillaud
Le général Pierre de Villiers a été nommé mercredi en Conseil des ministres chef d'état-major des armées françaises (CEMA), en remplacement de l'amiral Edouard Guillaud — Farzana Wahidy AFP

Le chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers, juge que les forces françaises ne peuvent «plus faire mieux avec moins» et qu'elles feront donc «au mieux, à 120% de leurs possibilités», dans un entretien lundi au Figaro.

«On ne peut plus faire mieux avec moins, compte tenu de toutes les réformes que nous venons de vivre ces vingt dernières années. Comme d'habitude, nous ferons "au mieux", à 120% de nos possibilités, avec notre coeur, notre sens du service, notre dévouement pour le succès des armes de la France», déclare-t-il.

Le général de Villiers avait mis en garde fin avril contre tout coup de rabot dans les crédits de la Défense dans le cadre du 50 milliards d'euros d'économies voulues par le gouvernement.

Plan d’économies du gouvernement

Début juin, «le chef de l'Etat a rappelé la sanctuarisation» de la Loi de programmation militaire 2014-2019 et «le Premier ministre a déclaré que "la Défense ne paierait pas deux fois"», souligne Pierre de Villiers, qui «reste donc serein et déterminé».

Interrogé sur le fait que «les armées n'échapperont pas à la fermeture d'un certain nombre d'unités», le chef d'état-major répond: «pour supprimer 34.000 postes, il faudra inévitablement en passer par là». «Des suppressions, des transferts et des restructurations seront nécessaires», reconnaît-il.

«Comme le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, je suis conscient des difficultés que cela entraîne. Nous essaierons de limiter au maximum l'impact de ces déflations qui ne porteront sur les forces opérationnelles que pour un tiers. C'est une sage décision car la raison d'être d'une armée, c'est sa capacité à s'engager. Nous devons être capables de projeter nos soldats là où le président de la République le demande», ajoute le général de Villiers.