Accident de Brétigny: Un an après la catastrophe ferroviaire, où en est-on?

TRANSPORTS Il y a un an, la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge a fait sept morts et des dizaines de blessés. «20 Minutes» revient sur l'accident…

Laure Beaudonnet avec AFP

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Wagons enchevétrés après le déraillage du Paris-Limoges, le 14 juillet 2013 en gare de Brétigny-sur-Orge
Wagons enchevétrés après le déraillage du Paris-Limoges, le 14 juillet 2013 en gare de Brétigny-sur-Orge — Kenzo Tribouillard AFP

Il y a un an jour pour jour, un train de voyageurs Intercités reliant Paris-Limoges déraillait, faisant sept morts et des dizaines de blessés. Tandis que des cérémonies sont organisées ce samedi en mémoire des victimes à Brétigny-sur-Orge (Essonne) et que la responsabilité de la SNCF a été mise en cause par les experts, 20 Minutes revient sur l'une des catastrophes ferroviaires les plus graves depuis celle de la gare de Lyon en 1988.


Brétigny, un an après la catastrophe - 12/07 par BFMTV

>> Lire l'interview de Stéphane Gicquel, porte-parole de la Fédération nationale des victimes d'accidents collectifs (Fenvac)

L'accident de Brétigny, le 12 juillet 2013

Le train «Intercités» (ex-train Corail) numéro 3657, parti vers 17h de la gare de Paris-Austerlitz et à destination de Limoges, a déraillé à 17h14 le 12 juillet 2013. Plus de 300 personnes se trouvaient à bord au moment de l'accident.

Le train, qui circulait sur le tracé de la ligne du RER C, s'est scindé en deux en arrivant à grande vitesse en gare de Brétigny-sur-Orge. En tout, sept personnes ont péri dans l'accident. Une éclisse qui s'est détachée est rapidement mise en cause pour expliquer l'origine du déraillement.

Que s'est-il passé?

Un rapport d'expertise a révélé «un état de délabrement jamais vu» du réseau ferré dans la zone. Le document pointe un «processus ayant abouti à la désagrégation complète de l’assemblage» qui «s’est étalé sur plusieurs mois et a concerné l’ensemble de l’appareil de voie incriminé, sur lequel ont été relevées plus de 200 anomalies de divers degrés de criticités». 

L'examen visuel de la partie centrale de l'aiguillage a fait apparaître «211 faits remarquables dont une centaine de défauts qui ne sont pas le fait de l'accident». Parmi ces défauts figurent des «éléments de fixation desserrés ou absents», a relevé le procureur, qui a également fait état d'une «maintenance inadaptée». Certains de ces défauts étaient anciens, datant de «entre un et huit mois avant la catastrophe». Une fissure sur une pièce métallique remontait même à 2008.

Quelle est la responsabilité de la SNCF?

Alors que la gare de Brétigny «était connue des services de la SNCF comme une zone à risque», «de très nombreuses lacunes» ont été relevées dans le suivi et la traçabilité des opérations sur ce site, souligne le rapport, qui exclut «formellement» tout acte de malveillance. Ces anomalies étaient pour la plupart «connues de la SNCF ou de ses agents, sans pour autant qu'il y soit remédié de façon adéquate», selon le rapport.

Guillaume Pépy a rappelé à la suite de ce rapport que «la SNCF manifeste sa responsabilité dans cet accident». Il a précisé que «la priorité absolue est l'entretien et la modernisation du réseau».

Et les victimes?

Un an après l'accident, 32 passagers, parmi les 177 qui ont déclaré un préjudice corporel ou psychologique, ont accepté une offre d'indemnisation, selon un bilan communiqué par le secrétariat d'État aux Transports.

«Sur les 127 personnes ayant déclaré un préjudice matériel, 92 ont à ce jour été définitivement indemnisées».