Qui est Jacques Toubon, le prochain Défenseur des droits?

POLITIQUE Ce chiraquien pur jus dont la nomination a fait polémique veut faire «la guerre à l'injustice»...

M.B. avec AFP

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L'ancien ministre de la Culture Jacques Toubon, lors d'une conférence de presse sur internet et la création, à Paris, le 3 septembre 2009
L'ancien ministre de la Culture Jacques Toubon, lors d'une conférence de presse sur internet et la création, à Paris, le 3 septembre 2009 — Joel Saget AFP

«Une sorte de consécration». Ainsi s’exprimait Jacques Toubon début juin après que le président de la République a proposé son nom comme prochain Défenseur des droits.

Et malgré bien des réticences à gauche, ce fidèle de Jacques Chirac va bel et bien prendre le siège de Dominique Baudis, décédé en avril, après le feu vert mercredi des commissions compétentes de l’Assemblée nationale et du Sénat. Sa nomination a été confirmée dans la foulée par François Hollande et sera entérinée le 16 juillet en Conseil des ministres.

«La guerre à l’injustice»

Ces dernières semaines, Jacques Toubon, qui en tant que Défenseur des droits entend faire «la guerre à l’injustice», s’est employé à démonter les «caricatures» contre lui, marquant des points dans l’actuelle majorité par des propos engagés.

Cet énarque s’est notamment dit «abolitionniste de raison et de cœur», alors que lui est reproché son vote, lorsqu’il était député RPR, en 1981, contre la loi abolissant la peine de mort - il avait voté l’article central mais pas l’ensemble car il aurait voulu une peine de remplacement. Explication similaire quand des députés PS lui ont reproché son vote contre la dépénalisation de l’homosexualité.

A ses yeux, le poste de Défenseur des droits, fonction clé créée par la réforme constitutionnelle de 2008, correspond à «ce que j’ai fait pendant quarante ans à travers toutes mes fonctions et les mandats que j’ai pu occuper, aux plans local et national, qui m’ont amené en permanence à me battre sur les valeurs, en tant que gaulliste».

«J’ai fait avancer les droits»

Né le 29 juin 1941 à Nice, Jacques Toubon, a été conseiller d’Etat, conseiller à la ville de Paris (UMP), ancien député (RPR) de Paris, puis ministre de la Culture du gouvernement Balladur (1993-1995), et garde des Sceaux du gouvernement Juppé (1995-1997).

Il s’est «illustré» à cette occasion en reconnaissant que le pouvoir en place avait envoyé un hélicoptère en 1996 dans l’Himalaya pour chercher un procureur dont l’adjoint avait lancé une information judiciaire contre Xavière Tibéri, suspectée d’avoir touché de l’argent public dans le cadre d’un emploi fictif. Une procédure contre l’épouse de l’ex-maire de Paris finalement annulée en 2001. Pour Jacques Toubon, cet épisode «occulte le fait que place Vendôme, j’ai fait avancer les droits», a-t-il affirmé, citant ses actions en faveur d’un second degré de justice criminelle ou du bracelet électronique comme substitut aux fins de peine.

Ce chiraquien pur jus, qui a été l’adjoint à la mairie de Paris dès 1983 et le collaborateur à Matignon (1974-1976) de l’ancien chef de l’État, préside le conseil d’orientation de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration depuis la création de cet établissement public en 2007.