Prostitution: La commission spéciale du Sénat retoque la pénalisation des clients

SOCIETE Le texte prévoyait de punir les clients de personnes prostituées d’une amende maximale de 1.500 euros…

Vincent Vantighem

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Les prostitués pourront être verbalisées lorsque l'arrêté sera voté, pour l'heure seuls les proxénètes sont inquiétés.
Les prostitués pourront être verbalisées lorsque l'arrêté sera voté, pour l'heure seuls les proxénètes sont inquiétés. — Bordas / Sipa

La disposition avait fait couler beaucoup d’encre quand elle avait été annoncée. La voilà enterrée. La commission spéciale du Sénat, a adopté, mardi, la proposition de loi renforçant la lutte contre la prostitution mais a retoqué l’article qui prévoyait de pénaliser les clients de prostitués. Elle avait pourtant été adoptée en décembre par l’Assemblée nationale.

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«Soucieuse de ne pas accroître la précarité sanitaire et sociale des personnes prostituées, la commission spéciale s’est prononcée contre la pénalisation des clients, indique ce mercredi le Sénat dans un communiqué. Elle a considéré qu’il existait un risque réel que l’incrimination des clients ne place les personnes prostituées dans un isolement plus grand et, par conséquent, dans des conditions plus dangereuses.»

Retour possible avec un amendement

«Nous avons mis en avant la précarisation des prostituées que la pénalisation entraînerait forcément, avec des clients plus rares qui pourraient imposer leurs désirs et des prostituées obligées de se cacher. L’exemple de la Suède nous montre que cela ne fonctionne pas», a affirmé la sénatrice EELV Esther Benbassa qui s’était prononcée contre cette disposition.

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Plusieurs membres de la commission spéciale, dont le sénateur PS Jean-Pierre Godefroy, président de la commission, avaient fait part à plusieurs reprises de leur réserve sur cette partie du texte. La pénalisation des clients peut cependant revenir par un amendement en séance au Sénat.