Notre-Dame, Madeleine: Premiers procès en France pour les Femen

JUSTICE Leurs actions, seins nus dans des églises, sont jugées au tribunal correctionnel...

William Molinié
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(FILES)-- This file photo taken on February 12, 2013 shows activists from the women's rights organisation Femen protesting in front of eight new bronze bells displayed in the nave of Notre-Dame de Paris Cathedral in Paris. Nine Femen members who participated in a demonstration at Notre-Dame de Paris in February 2013 are expected to appear in a Paris court on July 9, 2014 for "damage to a place of worship in a group". AFP PHOTO / JOEL SAGET
(FILES)-- This file photo taken on February 12, 2013 shows activists from the women's rights organisation Femen protesting in front of eight new bronze bells displayed in the nave of Notre-Dame de Paris Cathedral in Paris. Nine Femen members who participated in a demonstration at Notre-Dame de Paris in February 2013 are expected to appear in a Paris court on July 9, 2014 for "damage to a place of worship in a group". AFP PHOTO / JOEL SAGET — AFP

Elles risquent jusqu’à sept ans de prison et 45.000 euros d’amende. Neuf membres du groupe féministe Femen sont jugées ce mercredi matin devant la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour des dégradations d’une cloche de Notre-Dame.

Le 12 février 2013, elles étaient entrées incognito grâce au flot de touristes dans l’enceinte de la cathédrale, avant de crier «Pope no more» (plus de pape) pour «fêter» à leur manière le renoncement du pape Benoît XVI. Puis elles ont sorti des morceaux de bois et fait tinter trois nouvelles cloches provisoirement déposées dans la nef.

>> A lire sur 20 Minutes: Les Femen sont-elles allées trop loin?

Nullité et QPC

Les neuf jeunes femmes, expulsées par des surveillants, eux-mêmes poursuivis pour des violences, doivent répondre de dégradations dans un lieu de culte en réunion. Mais selon leur avocat, qui demandera la nullité de la procédure et déposera une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), «personne n’apporte la preuve de ces dégradations», explique Me Michaël Ghnassia à 20 Minutes.

«En réalité, on reproche à mes clientes d’avoir mené une action politique dans une église. Mais cette qualification pénale n’existe pas. Alors on fait tout pour leur reprocher autre chose», poursuit-il.

7.000 euros de facture

Concernant les dégradations de cloches, l’avocat du recteur de Notre-Dame, Me Laurent Delvové, assure que les Femen ont détérioré les précieux objets. Il présentera, devis à l’appui, une facture de 7.000 euros uniquement pour la remise en état de la cloche.

Vendredi, un autre procès mettra en avant une Femen qui a depuis quitté le mouvement. Elle comparaîtra seule pour «exhibition sexuelle» à la Madeleine. Le 20 décembre 2013, elle était allée seins nus déposer sur l’autel des morceaux de foie de veau censés représenter un fœtus.

Le blasphème n’est pas un délit

L’avocat, encore une fois, conteste la qualification des faits. «Il n’y a rien de sexuel là-dedans. Elles se montrent seins nus dans la rue. Je ne vois pas en quoi ce serait différent à la Madeleine», justifie Me Michaël Ghnassia qui rappelle que le blasphème n’est pas un délit.

Ces ennuis judiciaires, une première en France pour les Femen, «ne remettent pas en question leur mouvement», insiste leur avocat. «Elles sont sereines», conclut-il.