Marseille: Un ancien élu dénonce une enquête à charge dans l'affaire de la BAC nord

JUSTICE Joël Dutto se rend mercredi devant le ministère de l’Intérieur pour défendre son fils mis en cause...

A Marseille, Mickaël Penverne

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Marseille, dans les Bouches-du-Rhône.
Marseille, dans les Bouches-du-Rhône. — Capture d'écran Googlemap

Il continue de parler à la place de son fils. Joël Dutto est le père d’un des policiers mis en cause dans l’affaire de la BAC Nord. En décembre, cet ancien élu communiste du 7e secteur avait déjà interpellé les autorités pour dénoncer une «enquête manipulée» de l’IGPN, la police des polices. Mercredi, il se rendra devant le ministère de l’Intérieur, place Beauvau à Paris, pour demander une audience à Bernard Cazeneuve.

Une enquête à charge

En 2012, les «bœufs carotte», surnom des fonctionnaires de l'IGPN, retrouvent au domicile de son fils, Régis, une vingtaine de barrettes de résine de cannabis. Mis en examen pour détention, transport et trafic de stupéfiants, ainsi que vols et extorsions en bande organisée, il est muté à Nice avant d’être révoqué de la police en janvier - il a fait appel de cette décision devant le tribunal administratif.

Mais en juin, Mediapart et La Provence révèlent que certaines transcriptions sonores, réalisées dans les voitures de l’ex-BAC Nord, sont inexactes. Après un travail de contre-expertise du laboratoire d’analyse et de traitement de signal (LATS) de la police scientifique, il apparaît que des mots ont été tronqués, effacés ou mal interprétés. «Si ces transcriptions sont fausses, pourquoi ont-elles versé au dossier?, s’interroge Joël Dutto. Soit ce sont des très mauvais professionnels [l’IGPN], soit c’était délibéré. Selon moi, ils ont mené une enquête à charge parce qu’une fois que le coup était parti, il fallait démontrer la culpabilité» des policiers.

«C’est vrai que certains fonctionnaires ont commis des fautes, indique Jean-Marie Allemand, du syndicat Alliance. Mais cette affaire a été montée en épingle. Et aujourd’hui, elle retombe comme un soufflet.» Trente-un policiers ont été sanctionnés dans cette affaire. Trois d’entre eux ont été révoqués, dont Régis Dutto. «Aujourd’hui, mon fils vit de petits boulots, souffle le père. On lui a même refusé l’agrément pour devenir vigile.»

  • Sanctions

Après l’éclatement de l’affaire, la BAC Nord a été entièrement dissoute. Au total, 31 policiers de l’ancienne unité ont reçu une sanction, allant du blâme à la suspension de plusieurs mois, jusqu’à la dégradation.