Conférence sociale: Après la CGT et FO, la FSU claque la porte

SOCIAL La division syndicale est à son paroxysme…

Nicolas Beunaiche
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Bernadette Groison, la secrétaire générale de la FSU, le 1er février 2010, à Lille.
Bernadette Groison, la secrétaire générale de la FSU, le 1er février 2010, à Lille. — BAZIZ CHIBANE/SIPA

De notre reporter au Palais d’Iéna,

Cette conférence sociale où il devait ne rien se passer, pour reprendre l’expression de Jean-Claude Mailly (FO), vire au western syndical. Après la CGT et FO lundi, c’est au tour de la FSU, la principale fédération de l'Education, de quitter ce mardi le Palais d’Iéna, où se tiennent toute la matinée des tables rondes autour de neuf ministres.

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«Nous claquons la porte», a déclaré Bernadette Groison, secrétaire générale de l’organisation, devant les journalistes. En cause, la méthode du gouvernement. «Nous estimons que cette conférence est mal engagée. Nous appelons le gouvernement à clarifier sa méthode, qui ne peut se résumer à un dialogue social unilatéral», a-t-elle ainsi expliqué. «Nous avons eu le sentiment, hier, que nous avions déjà la feuille de route de clôture [...] alors qu'il y a des désaccords, notamment sur le pacte de responsabilité et les services publics», a-t-elle ajouté. 

Dans le détail, Bernadette Groison reproche également à l’exécutif de rester flou sur les contraintes budgétaires qui vont peser sur le pacte de responsabilité, de faire un bilan partiel des deux premières conférences sociales et de ne pas évoquer le rôle de la fonction publique dans sa politique.

Des syndicats encore représentatifs?

«Ce n’est pas un mouvement d’humeur, assure la secrétaire générale de la FSU. Le gouvernement devra répondre à nos interrogations dans les prochaines semaines, il ne peut pas attendre que l’été passe.» La syndicaliste a d'ailleurs prévenu que la FSU enverrait une lettre, dans la journée, au président de la République pour lui demander comment il compte «réhabiliter le dialogue social» et connaître ses intentions en ce qui concerne les services publics. Sinon? Sinon, comme ses homologues syndicaux, la FSU pourrait bien «se retourner vers les salariés» à la rentrée et aller dans la rue. 

En attendant, les discussions se poursuivront toute la matinée au Palais d’Iéna avant le discours de clôture de Manuel Valls, prévu à 16h30. Malgré des rangs syndicaux clairsemés, les participants veulent encore croire à l’utilité de la conférence. «Entre la CFDT, la CFTC et nous, nous représentons 51 % des salariés. Nous restons donc représentatifs», veut rassurer Carole Couvert, présidente de la CFE-CGC. «Ce qui est important, c’est que les discussions se poursuivent, balaie pour sa part Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. Nous ne ferons le bilan que ce soir.»