Conférence sociale: Que peut-on attendre des discussions de mardi?

EMPLOI Le boycott de la CGT et de FO a quelque peu discrédité les discussions qui s’annoncent…

Nicolas Beunaiche

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Le président du Medef, Pierre Gattaz, au premier jour de la troisième conférence sociale, le 7 juillet 2014.
Le président du Medef, Pierre Gattaz, au premier jour de la troisième conférence sociale, le 7 juillet 2014. — WITT/SIPA

«Il ne se passera rien.» Après avoir fustigé la tenue de la troisième grande conférence sociale, le secrétaire général de Force ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, a joint les actes à la parole, lundi, en annonçant le boycott par son organisation des tables rondes prévues mardi autour de neuf ministres. Comme son homologue de la CGT, Thierry Lepaon, il sera donc absent de ce qui devait être une rencontre importante sur le thème de l’emploi entre tous les partenaires sociaux. Les discussions vont-elles leur donner raison? Les participants à cette grand-messe de juillet semblent en tout cas décidés à leur prouver le contraire.

Lors de son discours d’ouverture, François Hollande ne s’est pourtant pas montré très prolixe sur les enjeux de la journée de mardi, préférant rappeler que la conférence était «une nouvelle mobilisation pour l’emploi et la croissance» s’inscrivant dans une logique de «durée». Sous-entendu: ce grand rassemblement n’est qu’une étape parmi d’autres. Le président de la République s’est d’ailleurs beaucoup projeté à la rentrée, en annonçant notamment la création d’un groupe d’évaluation des négociations du pacte de responsabilité ainsi que la tenue d’assises de l’investissement et d’une réunion axée sur l’apprentissage.

Le nuage gris de septembre

Mais de leur côté, les partenaires sociaux semblent aborder les tables rondes de mardi avec ambition et exigence. «Dès demain [mardi], il faudra que des solutions se dégagent, a ainsi déclaré Pierre Gattaz dans le hall du Palais d’Iena. Juillet 2014 doit être un moment important dans le rebond économique de la France.» Et le patron du Medef de formuler ses objectifs: faire progresser l’idée de la simplification du droit du travail et de l’environnement des entreprises, et empêcher toute augmentation des impôts et des charges.

Quelques mètres plus loin, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, affiche lui aussi sa confiance dans la discussion qui s’annonce. «Nous avons désormais l’assurance que le compte pénibilité entrera bien en vigueur en 2016, malgré le report. Désormais, nous voulons progresser sur l’apprentissage et le chômage de longue durée. Et pour cela, il est important d’être là», assure le réformiste, taclant au passage ses homologues de la CGT et de FO.

Sensible elle aussi à la douceur du microclimat du Palais d’Iena, en pleine tempête syndicale, Carole Couvert, présidente de la CFE-CGC, voit pour sa part des «ouvertures» dans l’attitude du gouvernement à l’égard des revendications de son organisation. Mardi, elle se rendra aux tables rondes organisées par le gouvernement avec des attentes très fortes et l’objectif de «redonner du pouvoir d’achat aux classes moyennes». «Dès après le discours de Manuel Valls, il nous faudra faire un bilan», ajoute-t-elle. Avant de faire planer, tout de même, un nuage inquiétant au-dessus de l’Elysée: «Le président de la République est prévenu: si nos revendications au sujet des classes moyennes ne sont pas entendues, nous pourrions aller dans la rue à la rentrée…» Et cette fois, Lepaon et Mailly pourraient bien être de la partie.