Bizutage à Paris-Dauphine: Huit mois de prison avec sursis contre les auteurs

JUSTICE Quatre anciens étudiants ont été condamnés ce lundi à huit mois de prison avec sursis…

20 Minutes avec AFP

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Université Paris-Dauphine, illustration
Université Paris-Dauphine, illustration — SIMON ISABELLE/SIPA

Ils comparaissaient pour avoir inscrit en 2011 sur le dos d’un camarade des lettres de sang avec une capsule de bière. Quatre jeunes hommes d’une vingtaine d’années ont été condamnés ce lundi à huit mois de prison avec sursis pour le bizutage à l’université Paris-Dauphine d’un étudiant. Ils devront également verser 8.000 euros de dommages et intérêts à la victime. Le prévenu, qui a reconnu avoir fait les inscriptions sur le dos de la victime, a été déclaré coupable de violences aggravées, les trois autres de complicité.

La peine annoncée est donc plus sévère que celle requise: en juin 2014, le procureur avait demandé trois mois de prison avec sursis et 1.000 euros d’amende contre chacun des jeunes hommes, estimant que leur responsabilité était «la même». Le tribunal correctionnel de Paris a aussi refusé la non-inscription de cette condamnation à leur casier judiciaire, et rejeté la constitution de partie civile de l’université Paris-Dauphine.

Les prévenus invoquent le poids des traditions

Le 25 octobre 2011, la victime, un étudiant de première année d’économie âgé de 18 ans, était venue passer «un entretien» dans l’espoir d’intégrer la Japad (Jeune association pour la promotion des activités à Dauphine). Dans les locaux de la prestigieuse association étudiante, il lui avait été demandé d’ôter sa chemise, de baisser son pantalon et de se mettre à genoux, attaché avec un manche à balai les mains derrière les épaules. Une corde lui avait même été brièvement passée au cou et la victime avait dû boire des bières cul sec pendant l’entretien, au point d’être malade.

Trois des quatre prévenus étaient présents au procès lundi, le quatrième, actuellement étudiant à Shanghai, était retenu par des examens. A la barre, les trois jeunes hommes ont invoqué le poids des traditions et le manque de recul. Là où la victime évoque des coups de poing dans les côtes, les prévenus affirment que leur camarade a été «bousculé». La jeune victime était elle aussi présente au procès. Si les traces sur son dos ont disparu après quelques semaines, le jeune homme à l’allure frêle est apparu à l’audience encore très marqué psychologiquement.