VIDEO. Accident de Brétigny: Une «centaine de défauts» relevés par les experts

TRANSPORTS La cause principale de l'accident de train de Brétigny résulte d'un «déficit dans la qualité de la maintenance»...

E.O. avec AFP

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Des secouristes le 12 juillet 2013 dans la gare de Brétigny-sur-Orge après l'accident de train
Des secouristes le 12 juillet 2013 dans la gare de Brétigny-sur-Orge après l'accident de train — Kenzo Tribouillard AFP

La cause principale de l'accident de train de Brétigny, qui avait causé la mort de sept personnes le 12 juillet 2013, résulte d'un «déficit dans la qualité de la maintenance», a indiqué le procueur d'Evry ce lundi.

Selon Eric Lallement, les experts désignés par la justice ont rendu des conclusions «sévères», relevant «une centaine de défauts», «visibles» et «critiques», sur l'aiguillage incriminé. Les ingénieurs ont notamment pointé une «maintenance inadaptée» et un «état de délabrement» sur le secteur de Brétigny. «Toutes les investigations menées ont conduit à écarter formellement l'hypothèse d'un acte de malveillance», a par ailleurs souligné le procureur lors d'une conférence de presse.

Un an d'enquête en 90 secondes:

Des «éléments de fixation desserrés ou absents»

Un rapport d'expertise dévoilé dimanche a révélé «un état de délabrement jamais vu» du réseau ferré dans la zone. Le document pointe un «processus ayant abouti à la désagrégation complète de l’assemblage» qui «s’est étalé sur plusieurs mois et a concerné l’ensemble de l’appareil de voie incriminé, sur lequel ont été relevées plus de 200 anomalies de divers degrés de criticités». 

L'examen visuel de la partie centrale de l'aiguillage a en effet fait apparaître «211 faits remarquables dont une centaine de défauts qui ne sont pas le fait de l'accident», selon le rapport des experts. Parmi ces défauts figurent notamment des «éléments de fixation desserrés ou absents», a rapporté le procureur, qui a également fait état d'une «maintenance inadaptée». Certains de ces défauts étaient anciens, datant de «entre un et huit mois avant la catastrophe». Une fissure sur une pièce métallique remontait même à 2008.

«La SNCF manifeste sa responsabilité dans cet accident»

Alors que la gare de Brétigny «était connue des services de la SNCF comme une zone à risque», «de très nombreuses lacunes» ont été relevées dans le suivi et la traçabilité des opérations sur ce site, souligne le rapport, qui exclut «formellement» tout acte de malveillance. Ces anomalies étaient pour la plupart «connues de la SNCF ou de ses agents, sans pour autant qu'il y soit remédié de façon adéquate», selon le rapport.

«La SNCF manifeste sa responsabilité dans cet accident», a rappelé ce lundi Guillaume Pépy, précisant que «la priorité absolue est l'entretien et la modernisation du réseau».