Vol de pièces détachées de voitures: «Il est difficile de s’en prémunir»

AUTOMOBILE Les vols de pièces détachées, en particulier de pots catalytiques, sont en pleine augmentation…

Nicolas Beunaiche

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Un double pot catalytique
Un double pot catalytique — LANCELOT FREDERIC/SIPA

Votre pot catalytique fait des envieux. Selon le ministère de l’Intérieur, qui a dévoilé ce lundi matin des mesures pour lutter contre le trafic de véhicules et d’accessoires, les vols de pièces détachées ont flambé ces cinq dernières années. Les vols de pots catalytiques ont ainsi explosé en 2013, passant de 80 à 1.280 en un an. 20 Minutes fait le point sur ces larcins très particuliers avec Cécile Kastner, responsable du service juridique à l’Automobile club association.

Quelles sont les pièces détachées les plus prisées des trafiquants?

Les vols de roues, de jantes, de miroirs et de rétros font partie des plaintes les plus courantes. Nous avons aussi entendu parler de sièges de véhicules familiaux. Le vol de pots catalytiques, lui, diffère des vols classiques dans le sens où il alimente souvent un réseau national ou international de grande échelle, là où certains autres vols peuvent être l’œuvre de simples particuliers qui décident de se servir sur un véhicule garé dans la rue.

Comment expliquer l’essor de cette délinquance?

Les pots catalytiques contiennent, en quantité variable selon les modèles, des métaux précieux [or et platine] qui intéressent les trafiquants. L’opération de démontage est par ailleurs relativement simple, tout autant que la revente dans des réseaux parallèles, notamment sur Internet. De manière générale, le prix de certains équipements motive les voleurs. C’est le cas, notamment, des pièces visibles, comme les portières, les ailes ou les rétros, qui sont protégées par des brevets. Elles font l’objet d’un monopole des constructeurs et ont tendance à rester chères.

Peut-on se prémunir de ce type de vols?

C’est difficile, dans la mesure où la technologie des trafiquants évolue en même temps que les mécanismes de protection. Aujourd’hui, il est possible de voler un véhicule sans le forcer, au moyen d’un dispositif électronique. Mais il reste tout de même les alarmes. En avoir une sur son véhicule est d’ailleurs souvent une condition sine qua non pour être remboursé par son assureur. Les alarmes classiques sont supposées détecter les mouvements; si un voleur tente de s’emparer de votre pot catalytique, elle est censée se déclencher. Il existe même des systèmes d’alarmes placées au niveau du pot catalytique, même si nous sommes encore prudents sur leur efficacité. En ce qui concerne les vols de rétros ou de jantes, les constructeurs n’ont en revanche pas encore trouvé de système opérant.